techno

MUTEK 2026 | Polygonia, ode à la techno texturée

par Léa Dieghi

Je me souviens encore de la pointe de déception qui m’avait traversée il y a deux ans, lorsque j’avais manqué la 15e édition d’Exposé Noir au Belvédère du Centre des sciences de Montréal. En faisant défiler la liste des artistes de ce jour-là – Djrum, Avalon Emerson, DJ Nobu, Pavel Milyakov – , un nom avait particulièrement retenu mon attention : Polygonia. 

Dans mon cercle d’intimes présents ce soir-là, tous s’accordaient sur le même constat : sa performance live avait été remarquable. Connaissant principalement l’artiste munichoise à travers ses productions studio, ses prestations live et les ouï-dire des gens, je suis donc arrivée sur le site avec des attentes particulièrement élevées. La barre était haute. 

Il faut dire que le terrain avait été parfaitement préparé par la prestation d’Istanbul Ghetto Club – un groupe à découvrir d’urgence si ce n’est pas déjà fait. Mais lorsque Polygonia (Lindsey Wang, de son vrai nom) s’est installée derrière les platines, c’est avec l’assurance et l’élégance d’une reine qu’elle a pris le contrôle de la nuit mutékienne.

Pour cette édition 2026 de MUTEK, l’artiste multidisciplinaire allemande doublait les plaisirs : une première apparition en formule live dans le cadre de la soirée Métropolis 1 au MTELUS, puis ce DJ set à l’Esplanade Tranquille. Si ses performances live sont reconnues pour leur sound design complexe et leurs sonorités organiques, ses DJ sets infusent avec autant de rigueur les mêmes particularités esthétiques. Bien sûr, le format DJ set n’offre pas la même liberté de création pure de A à Z, ce qui rend l’exercice en apparence moins conceptuel. Pourtant, on y retrouve immédiatement cette signature « techno texturée » 

Pendant deux heures, Polygonia a investi l’espace urbain en tissant avec précision des ponts entre bass music, breakbeat, IDM et, bien évidemment, techno. 

Son set s’est distingué par une progression linéaire, riche en texture sonore. Là où la répétition aurait pu lasser, Polygonia excelle dans l’art des micro-variations : ce sont les métamorphoses subtiles des textures en arrière-plan, les modulations discrètes et le mixage qui rendent l’ensemble captivant de bout en bout. Elle construit ainsi une architecture sonore hautement immersive, un sans-faute. 

Pour un jeudi soir, la foule avait répondu présent en masse, portée par une réelle énergie collective. Même avec les jambes flageolantes après des heures de danse, impossible de quitter le parvis avant la dernière note. Polygonia a ainsi prouvé qu’il suffit d’une sélection construite avec une minuterie d’horloger pour ainsi  transformer une banale fin de soirée de jeudi soir en expérience électroacoustique des plus nourrissantes.

Photo : Vivienn Gaumand (live set au MTELUS)

Publicité panam

Tout le contenu 360

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

Tönky Hönk – The ËP

Tönky Hönk – The ËP

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Rite of Strings – Dust and the Moon

Rite of Strings – Dust and the Moon

SMCQ |  Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique,   ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

SMCQ | Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique, ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Jabfung – In Real Life

Jabfung – In Real Life

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

Danny Tenaglia au Piknic Electronik

Danny Tenaglia au Piknic Electronik

MUTEK 2026 | Le « rough kuduro » de Nazar

MUTEK 2026 | Le « rough kuduro » de Nazar

MUTEK 2026 | Poirier… Il n’y a (toujours) pas de Sud, 25 ans plus tard

MUTEK 2026 | Poirier… Il n’y a (toujours) pas de Sud, 25 ans plus tard

MUTEK 2026 | Purelink et Mika Oki, toile d’une grande richesse

MUTEK 2026 | Purelink et Mika Oki, toile d’une grande richesse

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné