Basée à Montréal, l’artiste franco-malgache NGL Flounce présentaiti en première mondiale son projet Embers in Blue, mercredi soir à l’Esplanade Tranquille, dans le contexte d’Expérience 2. Une proposition fascinante par sa richesse matérielle et la pluralité des influences qu’elle convoque sur scène.
Le voyage débute par une immersion sonore d’une grande poésie : bâtons de pluie, percussions traditionnelles, tambours et lignes de kora s’entrelacent dans des rythmiques panafricaines, venant s’entrechoquer avec des structures empruntées à la musique classique.
Des chœurs enregistrés résonnent en écho en arrière-plan, tandis que la voix de l’artiste vient se poser délicatement sur cette architecture complexe. La polyrythmie du début de performance crée un univers profondément onirique et méditatif. En premier face à son ordinateur, NGL Flounce le délaisse pour prendre son micro, puis pour saisir son violoncelle, jouant en direct par-dessus les boucles sonores qu’elle vient de superposer. Ces quinzaines premières minutes se passent ainsi dans cet univers, nous laissant nous bercer sur la polyrythmie hybride de sa musique.
Cependant,cette fresque classique et traditionnelle dérive rapidement à la moitié de sa présentation, L’artiste abandonne la contemplation pour plonger dans des sonorités beaucoup plus modernes et urbaines : hip-hop, UK electronic, puis montées techno et accélérations gabber. Sa voix, désormais modulée et portée par un débit proche du rap, vient trancher avec la douceur des premiers instants.
Cette transition brutale fait passer le spectacle d’une méditation ancrée dans les traditions mixtes de l’artiste à un son club agressif et contemporain. Si cette prise de risque est rafraîchissante, la performance gagnerait à consolider son fil conducteur : les ruptures de ton d’un genre à l’autre manquent parfois de liant, et une présence scénique plus affirmée permettrait de mieux lier ces univers si distants. Il n’en demeure pas moins que « Embers in Blue » est un projet hautement prometteur, courageux et d’une rare originalité.
crédit photo: Frérédique Ménard-Aubin























