Parfois, les algorithmes ont du bon: j’ai découvert Clara Cantore par les nombreux reels qu’elle met sur Facebook. Armée de son imposante guitare basse à cinq cordes, elle rechante de façon très personnelle, à peu près tout le catalogue de la musique en Espagnol, de la Chilienne Violetta Parra à l’Uruguayen Jorge Drexler, en passant par l’Argentin Gustavo Cerrati.
Par la suite, j’ai appris qu’elle était Argentine, basée à Cordoba, la deuxième plus grande ville du pays, et qu’elle faisait aussi des compositions, en plus de présider un groupe qui s’appelle Fundacion par la Ciencia, qui conjugue musique et sciences.
Désolé pour la longue introduction. Mais cette jeune femme la mérite. À mon avis, elle est une des pépites de la musique argentine actuelle. Et Regreso, son cinquième opus, le démontre de façon totalement brillante.
Regreso est une illustration magnifique de la créativité argentine à travers une infusion de folklore, d’électronique, de rock et de musiques autochtones et espagnoles. Sur la deuxième pièce, alors que Clara dialogue avec un ensemble de cordes, on croit même entendre de la musique irlandaise.
Tout de suite après, sur des rythmes électro, Clara se joint à l’artiste autochtone Mapuche, Anahi Rayen Marualian et à la chanteuse d’avant garde La Qris, toutes deux argentines, pour Lume, un cocktail musical magnifique.
Sur la pièce suivante, Navega, sa basse se gonfle pour accompagner l’artiste afro-argentin Alan Da Silva. Clara Cantore nous présente une Argentine diversifiée, inclusive, alors que les autochtones et la communauté africaine ont largement été exterminées lors des deux siècles précédents. Mais Clara Cantore tente d’inverser la trajectoire. Elle croit au pouvoir réparateur de la musique, peut-être en vain.
Elle compte aussi plusieurs ami-e-s en Espagne, notamment la compositrice Uxia et le violoniste Quim Farinha et Zeltia Trévire, tous de Galicie, une région ou on parle un mélange d’espagnol et de Portugais.
Et le disque se termine sur une milonga endiablée avec un groupe de folklore argentin, qui détonne un peu par rapport au reste. C’est aussi ça Clara Cantore: une ouverture qui puise dans toute l’Argentine. Et dans l’univers hispanophone pluriel.
Regreso est, de loin, l’album le plus achevé de la chanteuse et compositrice, ce qui ne veut absolument pas dire que les précédents sont mauvais. Mais ici, elle crée une musique argentine originale qui fusionne toutes les époques, avec une vision d’avenir. Et tout ceci se fond sans être forcé.
La valeur ajoutée de ce disque est aussi de nous faire découvrir d’autres artistes talentueux. Je pense en particulier à Anahi Rayen Marualian, dont je ne connaissais rien. Formidablement talentueuse, cette dame.
Est-ce qu’un organisateur de festival ou de concert chez nous peut inviter cette fabuleuse musicienne à se présenter ici?
Gracias, Clara.






















