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Les fans les plus fervents de rock indie keb connaissent fort probablement Dogo Suicide, élargissons le cercle des amis à l’occasion de cette vitrine mise de l’avant par le GAMIQ, le Gala alternatif de la musique indépendante au Québec.
Cet ainsi que GA, la Série de shows sert de mise en bouche pour le Gala prévu le 29 novembre prochain. Cette programmation menée par le GAMIQ souligne en outre la parution du 3e zine GA et coïncide avec le dévoilement de la Grosse Liste 2026 des artistes inscrits, sans compter une sélection des lauréats des années précédentes, des nommés ou des candidats de la nouvelle cuvée.
Le deuxième concert est prévu ce mardi 8 septembre Presure Pin, Conflit Majeur et Chop Sue Me partagent la scène de L’Esco avec Dogo Suicide. Pour le power trio de Québec, ce sera une dernière apparition montréalaise avant la sortie du prochain album en 2027.
D’ici là, découvrons ou redécouvrons ce groupe rock pas piqué des vers, qui nous offre ce qu’offrent peu de groupes rock kebs francos: furieux mélange de math rock, hardcore et de textes soignés. Dogo Suicide a été joint dans sa fourgonnette, direction Québec-ville, au lendemain d’une performance donnée à Rouyn-Noranda dans le contexte du FME. Nicolas Côté, artiste central de la formation, répond à nos questions avant d’accoster chez lui et d’en repartir mardi vers MTL.
PAN M 360: Dogo Suicide est basé à Québec. Vous êtes de Québec ou bien vous vous êtes rencontrés à Québec?
Nicolas Côté: On ne vient pas de Québec, mais effectivement on s’est tous rencontrés là. En fait, nous venons tous de Victoriaville et ses environs. Ça fait quelques années qu’on joue ensemble. On avait un autre line-up avant, on avait un autre batteur qui lui venait de Québec. Là, depuis presque un an, on a un nouveau batteur qui lui vient de Victo comme nous. Alors là, on est tous des Bois-Francs.
PAN M 360: Bon, je viens de me taper une heure de Dogo Suicide! Très rock d’attitude mais très composé. C’est hardcore, c’est sale et… c’est structuré, ultra construit.
Nicolas Côté: Oui. Il y a quand même beaucoup de travail dans la composition, ce n’est pas seulement du garage.
PAN M 360: Pas de doute. C’est du rock pas facile à jouer. Comment est-ce construit ?
Nicolas Côté: Je te dirais qu’il y a d’abord un travail pré-band qui se fait, suivi d’un gros travail de band. J’arrive avec des bouts de tounes, puis on brode autour de ces bouts en groupe. Sinon, Manu, notre bassiste, compose beaucoup à la basse. C’est vraiment le point de départ. Après ça, il y a une phase 2 au local de répète. On joue, on joue, on enregistre, on se pose des questions. Ça peut durer longtemps! En dernier, je ramène tout ça chez moi et j’écris les paroles. Ouais, on fonctionne comme ça.
PAN M 360: Vous êtes un power trio très appliqué!
Nicolas Côté: Ouaip, on passe beaucoup de temps là-dessus. On est tous très critiques. On travaille fort, autant sur les structures des compositions que sur les mélodies. On essaie de monter les potentiomètres à 10, au meilleur de nos capacités.
PAN M 360: OK, cool. Bon, maintenant parlons des référents musicaux. C’est de la musique hardcore, de toute évidence, mais avec une très solide proposition rythmique.
Nicolas Côté: Ouais, c’est pas mal ça.
PAN M 360: Qu’est-ce qui vous a mené là ?
Nicolas Côté: Il y a un amour de la musique punk hardcore dans ce groupe, ça vient surtout de moi. C’est drôle, on en parlait dans la van avant qu’on se parle.
PAN M 360: On ressent votre amour du hardcore mais aussi de la mélodie pop ! Des mélodies presque douces, enchaînées de passages très chargés, saturés jusqu’à la rage, et puis ça redevient simple et accrocheur.
Nicolas Côté: Je dirais le groupe Oktoplut, qui est québécois, nous avait influencés. Ils mélangent beaucoup la musique lourde avec les mélodies, ça nous a mis la puce à l’oreille quand on était ados. Autre influence dans cette veine, le groupe français Lysistrata, math rock, mais aussi emo. Ça nous parle beaucoup.
PAN M 360: Emo et math rock… Il y a beaucoup d’aigre-doux dans votre affaire ! Plus j’y pense plus votre affaire est mathcore, mélange de math rock et de hardcore, dans votre cas avec des textes francos.
Nicolas Côté: Oui, le mad rock et le hardcore rock nous parlent. Sinon, depuis que Nico, notre nouveau batteur, est dans le groupe, on jase de Blink-182, son band préféré. Il y des mélodies très marquées dans ce groupe pop-punk, une manière qu’on incorpore aussi dans notre musique.
PAN M 360: Blink… la musique de votre adolescence ?
Nicolas Côté: Oui, c’est ça. On aime encore ça aujourd’hui.
PAN M 360: Oui oui, c’est encore une référence pour les 25-35 ans.
Nicolas Côté: Exact, je suis né en 1999. Sinon on a baigné dans l’univers du rock alternatif des années 90 – Fugazi, Sonic Youth, Dinosaur Jr., Nirvana…
PAN M 360: Le groupe a déjà joué en masse depuis ses débuts, n’est-ce pas ?
Nicolas Côté: Oui. Le band a commencé vers 2020, je dirais que depuis 2021, depuis la sortie de notre premier EP, on n’a jamais arrêté de jouer. On a tourné au Québec et en Ontario, on est allés deux fois en Europe.
PAN M 360: C’est toujours votre principal projet?
Nicolas Côté: Oui. Manu a un projet solo. Sinon, notre nouveau batteur Nico joue avec plein d’autres artistes.
PAN M 360: Avez-vous été éduqués musicalement?
Nicolas Côté: Notre bassiste a son DEC en jazz, je pense que ça paraît. Même chose pour Nico; il n’a pas fini son DEC, mais il a fait le programme musique-études au secondaire, il a des notions. Moi, je suis plus autodidacte, mais j’ai quand même fait deux sessions en musique au cégep.
PAN M 360: C’est toi qui écris les textes, qui chante en plus de jouer la guitare. Es-tu l’idéateur du groupe ?
Nicolas Côté: Je dirais que je traîne un peu plus la locomotive artistique, mais clairement, sans les gars, ça ne serait pas du tout ça. On se rejoint.
PAN M 360: Pour que le son soit vraiment cohésif, ça prend une famille.
Nicolas Côté: C’est ça, exactement. Ça fait quand même longtemps qu’on fait ça, et il n’y pas d’autres projets comme ça.
PAN M 360: Votre dernier album, Tristesse Lucrative, est sorti en novembre 2025. L’autre s’en vient en 2027?
Nicolas Côté: En mars prochain.
PAN M 360: Un avant-goût ?
Nicolas Côté: Un peu moins math rock, un peu plus mélodique, mais structurellement toujours aussi… chiant haha!
PAN M 360: Maintenant le texte: parle-moi un peu de la façon dont tu tournes ça, évidemment, tout le monde chante les mêmes affaires, le sexe, la mort, la jalousie, l’espoir. Mais encore ?
Nicolas Côté: Oui, ça se joue beaucoup dans le parler québécois. J’essaie de rendre ça digeste, de trouver l’équilibre. Je veux que ce soit un texte qui sonne québécois, qui ne sonne pas trop français international ni trop joual. On veut que ça reste près de nous-mêmes mais sous notre meilleur jour.
PAN M 360: Les francophones du monde entier peuvent-ils tous vous comprendre?
Nicola Côté: Bonne question. Quand on joue en Europe, les gens ont l’air d’aimer ça, mais je ne sais pas à quel point ils comprennent.
PAN M 360: L’énergie de la musique passe d’abord, après ça dépend…
Nicolas Côté: Oui mais je peux te dire qu’il y a beaucoup de travail dans les textes – surtout de moi, mais les autres y participent parfois. J’essaie toujours que ça vienne du cœur, que le premier jet soit le plus senti possible, que ce soit le plus près de moi. Après quoi il me faut peaufiner pour que ça sonne bien, phonétiquement. Il faut qu’on ait envie de chanter les paroles.
PAN M 360: Oui, c’est effectivement soigné.
Nicolas Côté: Je travaille avec mon amie Claudia Gagné du groupe La dame Ovale. Elle révise mes textes, on discute beaucoup de la prosodie, on s’interroge. On a des beaux échanges et ça m’aide de pouvoir compter sur un œil externe.
PAN M 360: Des paroliers t’intéressent particulièrement ? Peut- être pas une bonne question… il y en a tant !
Nicolas Côté: Non, non, c’est une bonne question. Guillaume Beauregard de Vulgaires Machins, par exemple, c’est pour moi un des meilleurs qu’on a au Québec. Il y a de quoi chez lui qui m’a toujours touché. C’est le premier qui me vient en tête, mais c’est vrai qu’il y aurait beaucoup de monde à citer. Jean Leloup est aussi une évidence. J’aime ce côté déjanté; on ne comprend pas tout à fait ce qu’il raconte puis, tout à coup, ça devient hyper touchant, sans qu’on sache pourquoi.
PAN M 360: Donc, vraiment un imaginaire québécois pour les paroles.
Nicolas Côté: Oui, vraiment. Le rock que j’aime d’ailleurs, c’est vraiment couplé à la chanson québécoise.. La musique québécoise m’ inspire un peu, mais clairement plus les textes des chansons.
PAN M 360: Alors on peut dire que Dogo Suicide est un groupe mathcore keb !
Nicolas Côté: Oui, ça pourrait le faire !























