La Fondation Azrieli a annoncé aujourd’hui les trois compositeur-ice-s qui recevront les commandes d’œuvres en vue de la remise des Prix de musique Azrieli. Les compositions primées seront présentées lors d’un concert gala à l’automne 2028, et jouées par le Nouvel Ensemble Moderne (NEM) sous la direction de Jean-Michaël Lavoie, partenaire de cette édition.
Les trois lauréats sont :
Linda Bouchard – Commande Azrieli de musique canadienne 2028 : Le Saguenay, Saki-nip
La compositrice proposera Le Saguenay, Saki-nip, un portrait majestueux du fjord du Saguenay, inspiré également des relations entre les colons français et les Innus au 17e siècle. Bouchard dit puiser dans les impressions laissées par le livre Le peuple rieur de Simon Bouchard et Marie-Christine Lévesque, qui relate justement cette relation amicale et paisible. En entrevue lors du dévoilement des lauréats, Mme Bouchard dit vouloir créer des textures métalliques, cuivrées, afin de rendre compte de la grandeur rayonnante du Saguenay.
Mathew Rosenblum – Commande Azrieli de musique juive 2028 : Tamim (Simplicity)
L’États-unien Rosenblum présentera Tamim (Simplicity), une oeuvre mémoire qui incluera des enregistrements de sa grand-mère chantant ou parlant de sa vie en Ukrainien et en Yiddish. À travers, également, des artefacts sonores liés à la terre natale de son aïeule (l’Ukraine), et une voix de mezzo-soprano, ce sont les thèmes de la migration, de la perte, de l’identité, que Rosenblum explorera, en faisant aussi de la partition de mezzo-soprano un relais de sa propre identité de compositeur et humain issu d’une famille qui a vécu l’exil.
Luis Arias – Commande Azrieli pour la musique internationale 2028 : Optimized for Loneliness
Arias composera Optimized for Loneliness, une réflexion sur la manière dont la médiation numérique contemporaine transforme la perception et la mémoire des processions traditionnelles de la Semana Santa (Semaine Sainte) andalouse. Arias se rappelle que, tout jeune, il écoutait avec plaisir les fanfares qui jouaient lors de ces processions. Il voulait les imiter et faire comme les musiciens déambulant. Aujourd’hui, le se questionne sur le fait que les nouvelles générations observent ces événements par principe rassembleurs et collectifs, dans leurs bulles individuelles, connectés via Instagram ou d’autres réseaux sociaux.
Le quatrième prix habituellement octroyé, le Prix Azrieli pour la musique juive, qui n’est pas une commande mais plutôt l’interprétation d’une œuvre existante, changera de formule. Finie l’obligation de choisir une œuvre créée dans les 75 dernières années par un compositeur vivant. Le focus deviendra plutôt de récompenser une oeuvre de musique juive du passé, peu importe l’année, en mettant l’accent sur des compositeurs ou compositrices négligés, et/ou des œuvres oubliées ou occultées par l’Histoire. L’accent sera mis sur la découverte et la recherche historique. La pièce lauréate n’a pas encore été choisie. Autre modif : l’œuvre retenue bénéficiera de son propre concert, afin d’en souligner davantage l’importance.























