Peut-être à cause du trafic intense côté classique ces derniers jours à Montréal, et peut-être parce que le rendez-vous avait été fixé exceptionnellement un lundi justement pour éviter ce trafic, les Violons du Roy n’ont pas fait salle comble pour le premier concert de leur saison à la Maison symphonique.
Plusieurs mélomanes se mordront les doigts d’avoir raté ce programme fabuleux, constitué d’extraits d’opéras de Handel, soit Rinaldo, Alcina, Giulio Cesare, Rodrigo et Rodelinda, ainsi que de l’oratorio Theodora et de l’ode L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato. Et surtout de la participation du contre-ténor Iestyn Davies.En ce début de semaine, l’ensemble de Québec a effectivement mis en relief le talent que d’aucuns considèrent comme le plus aguerri contre-ténor sur cette planète classique.
Quiconque connaît un tant soit peu le chant lyrique tombe de sa chaise à sa rencontre, aucune place n’est laissée à la spéculation, le meilleur de la période actuelle est devant nous.Le Britannique Iestyn Davies a les atouts des plus grands : une voix d’exception, puissante et texturée, une diction et un phrasé parfaits, une technique baroque assortie de superbes vocalises en fin de programme, une prestance sur scène sans affects inutiles, une immense personnalité qui s’impose dans une apparente modestie. Ni dans son approche vocale sans affects, ni dans sa sobre tenue vestimentaire, essentiellement dans la pureté musicale, cet homme distille un art d’exception.
On en oublie presque le personnage, sa seule musique prend son envol dès la première mesure de Presti omai l’Egizia (Giulio Cesare, HWV 17) de George Frideric Handel (1685-1759), enchaîné de la lente et passionnée Pompe vane di morte… Dove sei, amato bene? (Rodelinda HWV 19), le tout enrobé de superbes interventions instrumentales sous l’impeccable direction de Bernard Labadie – dont une superbe suite instrumentale en deuxième partie
L’instrumentation de 19 interprètes est idéale pour ce programme Handel, toustes ont joué admirablement – 8 violons dont le premier de l’excellente Pascale Giguère, magnifique dans la passacaille Matelotte tirée de l’opéraRodrigo, puis 3 altos, 2 violoncelles, une contrebasse, 2 hautbois, un basson, un archiluth et des claviers (clavecin/orgue).
Iestyn Davis aura 10 apparitions aussi remarquables les unes que les autres, pendant ce programme Handel, ceci incluant le rappel. Quelle soirée!























