Pour le premier de leurs deux concerts au Festival de Lanaudière, l’Orchestre Métropolitain et Yannick Nézet-Séguin recevaient la violoniste Veronika Eberle dans le fameux Concerto pour violon de Beethoven.
Ce Beethoven de Eberle a tout simplement été magistral! À plusieurs reprises elle nous a épatés avec des nuances infinitésimales (en espérant que ceux dans le fond de la pelouse aient pu en profiter également), au point de suspendre le temps à chaque fois. La cadence du premier mouvement était virtuose, non pas par une enfila effrénée de note, mais par la qualité technique du son et de la justesse des doubles cordes. Le second mouvement a épaté par sa douceur et il fallait voir le regard complice de Yannick avec sa soliste avant de lancer le troisième mouvement, l’air de dire : « à Go, on saute ! ». Contrairement à la cadence du premier mouvement, celle qui conclut le concerto était endiablée, éblouissant les yeux du chef et des premiers pupitres des cordes juste devant.
La partie orchestrale était tenue par une Ouverture, la 3e en do majeur, de la compositrice allemande Emilie Mayer. De facture pré-romantique, cette pièce est jolie, très convenue et à l’instar de celle de Fanny Mendelssohn, mériterait de se frayer un chemin dans les programmes classiques de concerts du type ouverture-concerto-symphonie, comme celui de dimanche après-midi. L’interprétation impliquée des cordes avec de vigoureux accents et d’une justesse implacable des vents ont fait fière allure en début de concert.
L’après-entracte a été occupé par la Symphonie no 5 de Tchaïkovski. L’orchestre a livré une interprétation convaincante, avec une ligne arrière (cuivres et timbales) très sonore, à la limite de la force excessive. Comme à la hauteur de son talent, le corniste Louis-Philippe Marsolais a offert un magnifique solo au deuxième mouvement.
Les seuls éléments que nous avons à reprocher à cette symphonie relèvent principalement du goût personnel, à savoir les multiplesritardandos dans le mouvement final. Alors que le chef lui-même nous l’explique comme « une course contre-la-montre », nous pensions avoir droit à un feu roulant ininterrompu jusqu’à la presque-finale.
L’Orchestre Métropolitain et son chef seront de retour à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay le 2 août pour venir clôturer cette 49e édition du Festival de Lanaudière dans un programme qui s’annonce tout aussi impressionnant, au côté du notamment du baryton québécois Étienne Dupuis interprétant le rôle-titre du Macbeth de Verdi avec une distribution vocale de haut vol.
crédits photos : Gabriel Fournier























