Saxophoniste alto, Darius Jones est un musicien exceptionnel, mais comme il n’est pas du genre à faire de l’épate ou à chercher à impressionner par quelque prouesse acrobatique, il faut l’écouter attentivement pour s’en rendre compte. La matière de l’albun Legend of E’Boi (The Hypervigilant Eye) avait mis la puce à l’oreille, sa résultante en fut magnifiée.
En cette première soirée du 42e FIMAV, ont réalisait rapidement la profondeur de son jeu – tant sur le plan de ses compositions, aux racines profondes, que sur celui de l’articulation – qui, juste à ses différentes façons de faire vibrer son instrument, porte en lui toute l’histoire du jazz, de Sidney Bechet à Albert Ayler. Mais le plus beau, c’est que cet héritage lui donne vie sans jamais se livrer à des débordements, à de l’exagération, de la caricature.
Darius n’a pas besoin de mettre ses tripes sur la table pour nous communiquer ce qu’il ressent, il garde toujours une retenue, une part d’intériorité. Il se présente sensible et vulnérable, mais conserve toute sa verticalité d’homme face aux tourments existentiels et affectifs. L’assentiment avec son univers a aussi quelque chose d’apaisant tant son jeu est droit, vrai et sa musique franche et sentie, dépouillée de tout trucage ou gimmick.
Ses musiciens, le batteur Gerald Cleaver et le contrebassiste Chris Lightcap, font preuve de la même retenue, mais aussi d’une grande agilité qu’ils mettent au service des pièces selon ce dont elles ont exactement besoin, une charge propulsive ici, une ambiance feutrée là… pour leur donner tout leur sens et leur charge.























