C’est en mars 2022 que le premier Franky Freedom nous a été présenté, stimulant notre intérêt pour le batteur, compositeur et réalisateur François Laliberté. On y avait remarqué de belles gestuelles sonores côté électro ainsi que des habiletés certaines en créativité rythmique. Il faut dire que son passage au Berklee College de Boston, une référence musicale et jazz en particulier, ne pouvait qu’appuyer des intuitions sérieuses. Cela dit, si on y avait perçu toutes ces qualités nommées plus haut, et d’autres (dont une belle attention à la création d’atmosphères chaudes et invitantes), l’ensemble restait plutôt ancré du côté pop de la force.
Non seulement ce deuxième opus ramène à l’avant-plan le jazz, mais il étoffe passablement les habillements de sa musique avec une profusion de guitaristes, bassistes et saxophonistes. Des talents locaux (Montréal) et internationaux qui ont gouaillé avec Jacob Collier ou Tigran Hamasyan, par exemple. Notons aussi les constructions électro, très colorées Drum’n’Bass, qui témoignent d’une excellente évolution créative du jeune artiste. Les beats généreux et moelleux se parent souvent de textures adjointes surprenantes et titillantes d’intérêt, tout en soutenant habilement les lignes solistes au sax et à la guitare.
Les moments forts : D&B DTGF (avec les belles envolées de Guillaume Carpentier au sax), OUI (avec ses rugosités électro-industrielles), la courte et fulgurante Cowabunga (et son énergie à la Tortues Ninja, d’où le titre, une évidence pour tous les geeks), For Ralph (avec la basse agile de Gary Willis) et la finale Moment qui, sous ses dehors R’n’B initiaux trahit une audace sonore que le compositeur sait équilibrer face aux nécessités d’un dancefloor hypothétique. Sans être aussi mémorables, d’autres titres ne manquent pas d’intérêt, notamment grâce à l’écriture bouillonnante de Laliberté et aux couleurs R’n’B bonifiées par la voix de Mel Pacifico et Leonie Gray.
Franky Freedom l’aîné nous laissait entrevoir quelques promesses. Le petit nouveau que voici les remplit et nous rassure même sur le sérieux de la démarche du Montréalais Laliberté. Au-delà d’un excellent bidouillage studio, le batteur nous indique que son art musical pourra être tout aussi intéressant à expérimenter sur scène, avec des musiciens vivants et leurs instruments réels.
Franky Freedom II sera effectivement présenté sur scène le 29 mai prochain à la Sotterenea, à Montréal.






















