L’âme et le climat du Brésil coulent dans les veines mélodiques et rythmiques de ce Brasiliana bien nommé, porté par le guitariste états-unien Mark Tonelli. C’est une passion de longue date pour la culture de ce pays qui a mené Tonelli à réaliser plusieurs résidences prolongées au Brésil dans les dernières années.
Les rencontres, les séances de jam avec d’excellents musiciens d’un peu partout dans le pays, l’enseignement aussi, différents flux d’activités ont permis à Tonelli d’arriver avec un programme riche et généreux en durée de neuf pièces.
S’y côtoient des essences de samba et de bossa, quelques balades et un peu de jazz pur, façon hard bop pétillant (Twenty One Biscuit). Dans les épisodes teintés de samba et de bossa, Tonelli réussit à évoquer parfaitement les couleurs que les mélomanes même les plus occasionnels sauront reconnaître et trouver familières. Cela dit, il ne le fait pas à la manière d’un simple imitateur. Son travail d’imprégnation de la culture brésilienne, réalisé sur une longue durée, lui assure la capacité de distiller le tout dans un langage personnel. C’est en fait du jazz (et de l’excellent) inspiré de brasilisme plutôt que du cliché pour ambiancer un ascenseur.
Tonelli invite dans ses références autant d’aspect du Brésil lui-même que des affects personnels, comme la distance imposée avec sa femme, Luciana, que ses voyages ont induis (trois compositions sur le sujet).
Brasiliana est un album plein de raffinement et d’intelligence, sans la sécheresse d’une construction académique. La beauté et l’émotion délicate avant tout.
Le guitariste est entouré d’un groupe de musiciens locaux manifestement d’excellent niveau. On note particulièrement le jeu leste et habile de Rodrigo “Digão” Braz à la batterie.
Mark Tonelli – Guitare
Raphael Ferreira – Saxophone Ténor & Soprano
Guilherme Ribeiro – Piano
Richard Metairon – Contrebasse
Rodrigo “Digão” Braz – Batterie






















