Bibi Club, le duo composé d’Adèle Trottier-Rivard au chant et au clavier, et de Nicolas Basque (Plants and Animals) à la guitare, vient enfin de sortir la suite de son fantastique album de synth-rock Feu de garde, datant de 2024. Mais ils reviennent avec un son plus sombre sur Amaro, un peu plus mélancolique et brut, et le résultat est tout simplement enchanteur. Même si j’ai toujours apprécié l’ambiance joyeuse et euphorique de Bibi Club, j’ai toujours voulu un peu plus, quelque chose de plus. Je suppose que la réponse résidait dans une ambiance club dansante et sombre.
On commence par le décalé « Infinité », qui mélange une ligne de synthé arpégée en couches, un rythme de boîte à rythmes et un travail de guitare aigre et nostalgique. Alors que Trottier-Rivard s’excuse pour quelque chose de vague, le titre suivant est annoncé. C’est là que la noirceur s’installe véritablement, à travers un solo de guitare en mineur et le chant solennel de Trottier-Rivard. Le morceau dégage presque une ambiance western néo-gothique avec sa ligne de guitare d’accompagnement, mais je ne me lasse vraiment pas de ce solo digne d’un jeu vidéo en 2D à la Castlevania, tandis que le vrai charleston et la caisse claire, mélangés à une machine, entraînent la piste de danse. « A Different Light » arrive sous la forme d’un morceau chanté en anglais fusionnant ce qui ressemble à un échantillon vocal sympa… « des vagues se brisant contre le vent ».
« Cérémonie » donne l’impression d’un exorcisme personnel, avec pour seuls éléments des guitares imprégnées de chorus et quelques passages de synthé légers et aériens. « George Sand » dégage une délicieuse ambiance lo-fi, et là encore, le jeu de guitare a quelque chose de maléfique, mais reste dansant. On y trouve également un solo de saxophone cinématographique de Dimitri Milbrun, là pour vous sortir de votre torpeur au cas où vous commenceriez à vous ennuyer un peu. « Washing Machine » est également chantée en anglais, avec des voix qui vous plongent dans un état apaisant jusqu’à ce que la chanson explose en un fuzz hypnotique, mais on a droit à une ligne de synthé fantaisiste de Trottier-Rivard pour attiser encore plus l’anticipation. Amaro est l’album le plus heavy que Bibi Club ait jamais produit, et j’adore ça.






















