Une collaboration entre compositeur et chorégraphe où la musique et la danse ne font qu’un, voilà ce qu’ont suggéré deux quartettes, un constitué de saxophonistes et un autre de danseurs.euses. Quasar présentait mercredi le fruit de sa collaboration avec l’École supérieure de musique et de danse de Monterrey. Dans une salle comble, les dix artistes (4 musiciens et 6 danseurs) ont su immerger le public dans leur univers pour la première canadienne de ce concert Le souffle des corps.
Du compositeur mexicain Alejandro Padilla et de la chorégraphe québécoise Danièle Desnoyers, Ouverture marque le début du programme. Dans le noir, on entend des coulisses le souffle des saxophonistes. Se faisant parallèlement aux danseurs, leur arrivée sur scène se produit dans ce souffle saccadé des instrumentistes. Alors que les danseurs effectuent leurs mouvements en réaction aux attaques à l’air des saxophonistes, la pièce s’intensifie avec l’arrivée des slaps, ce qui génère des mouvements encore plus soudains du côté des danseurs. La pièce se poursuit en crescendo, complexifiant le langage de la pièce et libérant les mouvements des danseurs.
Parsemé d’interludes musicaux imaginés par Chantale Laplante, le programme s’enchaîne de manière continue afin de maintenir l’attention du public face aux mouvements qui produisent sur scène.
Suit Antichambre, du compositeur Eduardo Caballero et la chorégraphe Lila Geneix. À chaque coin de la scène, les quatre saxophonistes exécutent une série de sons filés qui, au fil de la pièce, s’intensifient autant sur le plan du volume que de la dissonance des accords effectués par le quatuor illustré par une certaine tension chez les danseurs.
Tres espacios, du compositeur Olivier St-Pierre et du chorégraphe mexicain Jaime Sierra, explore le mouvement caractérisé par des sons filés chez les instrumentistes. Cette pièce acquiert progressivement du relief avec l’utilisation de slap et de polyrythmie.
Cette progression musicale se reflète donc aussi chez les danseurs qui concluent la pièce librement occupant l’entièreté de la scène dansant au son du saxophone.
Strange Attractor est composée par le seul binôme entièrement mexicain, soit le compositeur Miguel Vélez et la chorégraphe Brisa Escobedo. Amorcés en face à face, les mouvements des danseurs sont dictés par le bruit des clés actionnées par les saxophonistes. Construite en crescendo, cette pièce est ponctuée d’une brève chute avant une relance à toute allure dans une chorégraphie où les danseurs sont déchirés entre deux mouvements opposés qui se battent.
Le programme se conclut sur Une même voix, de la compositrice québécoise Sophie Dupuis et du chorégraphe mexicain Daniel Luis. Successivement, danseurs et saxophonistes entrent sur scène. La pièce se construit de cette manière, chaque saxophoniste jouant un motif différent. Cet amalgame de motifs génère une rythmique irrégulière alimentant la musique et les mouvements des danseurs.
En somme, la musique aura permis de créer un dialogue concluant entre instrumentistes et danseurs, entre Montréal et Monterrey.























