Les artistes rock fidèles à leurs influences originelles deviennent forcément classiques, et je ne parle pas exclusivement de classic rock. Les instrumentistes de la musique classique apprennent à maîtriser les partitions des plus grands compositeurs, les rockeurs classiques apprennent les riffs, le tone des guitares, le phrasé des solos, les accords assortis pour tel ou tel contexte, la carrure du beat côté batterie et lignes dessinées par la basse, aussi le groove nécessaire à l’interprétation de chaque style.
The Sheepdogs constituent un cas patent, ces musiciens témoignent d’une longue expérience : Ewan Currie , voix principale, guitares et claviers; Ryan Gullen, basse, voix; Shamus Currie, claviers, guitares, voix; Ricky Paquette, guitares, voix; on ne compte plus le fondateur Sam Corbett, batterie, qui a quitté le groupe récemment.
Alors voilà un nouvel album studio, neuvième de la formation depuis 2007, si l’on inclut les premiers albums autoproduits. Chaque recoin du passé utile à ces compositions a été méticuleusement observé, deux décennies de pratique ont mené ces mecs à une expertise de haut niveau, enfin pour ce qu’ils expriment ici.
Le quartette canadien a longtemps été associé au rock sudiste et au blues-rock.
Ce qui est encore le cas aujourd’hui, bien que l’on observe d’autres sons que ceux apparentés à Lynyrd Skynyrd , Allman Brothers, ZZ Top, Canned Heat et autres JJ Cale. À Saskatoon, là où The Sheepdogs ont démarré, les expressions sudistes avaient résonné. Aujourd’hui, d’autres menus éléments s’ajoutent dans l’album Keep Out of the Storm, plus proches du groove afro-descendants, genre Neville Brothers, qu’ils fussent R&B ou même jazzy. Mais grosso modo, on se plaît à se faire résonner les tympans aux sources du rock et de son père le blues. Émotions classiques, il va sans dire.























