Rentrer dans le vortex d’Igloofest peut être chaotique et déboussolant, soit en passant par des luminaires de toutes sortes, une vraie foire pour adultes, des stimuli qui éclatent de partout – roue de la fortune, installations, écrans géants. Comme s’il fallait traverser cette épreuve grandiose et sensationnelle avant d’accéder aux endroits plus cachés, plus intimes, comme la scène Vidéotron.
Clôturée jusqu’à 20 h et reléguée sur le côté arrière de l’aire centrale, elle attire les curieux pendant que la majorité de la foule se rue vers la scène Sapporo, où la house éclectique d’Andrea De Tour fait bondir les corps dans tous les sens. Le froid nous envahit peu à peu, jusqu’au moment où je comprends que je n’ai plus le choix de danser. Juste à temps, le portail de la scène mystère s’ouvre et je me faufile dans le petit chemin sombre. À droite, l’expérience commence. Un sentier de neige bordé de lumières féériques suspendues, étrangement chaleureuses. Comme si on nous préparait à un espoir discret. Puis un tunnel lumineux prolonge la traversée, nous enveloppant dans une ambiance feutrée où la neige et les
installations absorbent peu à peu les basses lointaines de De Tour. J’entends des guitares, des nappes de synthé, quelque chose de plus organique, de plus humain.
Au bout, un espace circulaire aux airs rétro. Un petit groupe danse déjà dans la neige, avec un groove qui rappelle Luther Vandross. Je me sens instantanément plus à l’aise, plus libre dans mon corps. Les rythmes invitent à bouger en entier, sans retenue, avec une douceur presque candide. Derrière les platines : Guthrie Drake et Alina Byrne, alias Ferias. Plus
qu’un duo de DJs, ils cultivent des espaces où la fête devient un point de rencontre entre époques, styles, inconnus. Leur musique voyage sans se laisser enfermer en passant par soul, house, dub, rythmes afro-latins, envolées vocales. Et dans ce coin caché d’Igloofest, loin du spectaculaire, c’est exactement ce dont on a besoin, non pas un show, mais une communauté momentanée, rassemblée par la chaleur improbable d’une piste de danse en plein hiver. C’est beau de voir le duo rassembler différentes générations ouvertes à la danse et au mouvement qu’apportent leur variété de styles. Voilà qui nous rend plus libre dans notre corps. Merci Ferias de nous apporter du bonheur par ce froid de février !
























