Kim Richardson & l’ONJ : hommage à Ellington sans concessions

par Harry Skinner

La phrase la plus surprenante que Kim Richardson ait dite jeudi soir (15 janvier) alors qu’elle partageait la scène avec l’Orchestre National de Jazz de Montréal était aussi la toute première chose qu’elle ait dite. Elle est arrivée après deux interprétations concises de What Am I Here For et Cotton Tail de Duke Ellington et a immédiatement déclaré : « Je suis absolument terrifiée ».

En effet, elle avait eu des problèmes avec ses cordes vocales avant le concert, son premier de l’année, au point que sa capacité à se produire sur scène était remise en question. Ce moment de vulnérabilité de la part de Richardson, qui s’est finalement avéré inutile, était rafraîchissant ; à aucun moment au cours du spectacle, on n’aurait pu deviner que l’on écoutait une chanteuse qui avait des difficultés avec sa voix. 

Au fur et à mesure que le concert avançait, il est devenu évident que l’objectif était de mettre en valeur autant que possible la diversité du répertoire d’Ellington, une entreprise qui a indéniablement été couronnée de succès. Au cours des seize morceaux de ce concert à guichets fermés présenté à la Cinquième Salle du PdA, Richardson et l’orchestre ont réussi à interpréter des classiques tels que Caravan et Take the A Train tout en prenant le temps de faire découvrir au public des morceaux moins connus et moins conventionnels du répertoire d’Ellington. La première chanson interprétée par Kim Richardson, par exemple, était un extrait de la comédie musicale Jump For Joy de 1941, intitulée Bli Blip. La chanson se caractérise par un refrain étonnamment épuré et anguleux, qui n’est pas sans rappeler le son que Thad Jones allait créer quelques décennies plus tard.

L’un des moments forts du spectacle a été la façon dont la personnalité de Kim Richardson transparaissait dans son chant. Cela n’a jamais été aussi évident que dans la ballade de Billy Strayhorn Something to Live For ou dans Imagine My Frustration, un arrangement du pianiste Jimmy Jones. Cet arrangement en particulier avait un son qui tendait davantage vers le R&B classique, avec des riffs répétitifs dans la section des cuivres sur un rythme 12/8 – un choix parfait pour une chanteuse ayant le background soul et R&B de Kim.

Imagine My Frustration a probablement été le moment du spectacle où nous l’avons vue le plus dans son élément.

Dans l’ensemble, les morceaux choisis pour le concert étaient courts et concis afin de permettre un répertoire plus varié. Il y avait donc peu de longues sections solo. Une exception notable était Perdido, qui comprenait un solo de trompette absolument monumental de David Carbonneau. Il serait difficile de contredire la directrice Marianne Trudel lorsqu’elle suggère que ce morceau aurait pu être écrit pour lui plutôt que pour le grand Clark Terry.

Hier soir, l’ONJ a mis à l’honneur deux grands musiciens, Kim Richardson et Duke Ellington, de deux manières très différentes. L’un était sur scène, tandis que l’autre a composé la majeure partie du programme. Le public a toutefois pu apprécier pleinement les deux musiciens et leurs voix uniques, sans que l’un ne vole la vedette à l’autre.

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