Lorsque nous écoutons certains albums, nous pouvons immédiatement distinguer les chansons qui sont des singles de celles qui sont là pour faire le nombre. Ce n’est absolument pas le cas du dernier album de Saya Gray, SAYA, sorti en février dernier. Ce projet met en valeur une artiste qui a passé des années à perfectionner son écriture et qui comprend vraiment ce qui rend un refrain pop mémorable. Pour préparer cet article, j’ai dû rechercher les singles, car, à vrai dire, n’importe quelle chanson de cet album aurait pu faire l’affaire.
Saya Gray a passé une grande partie de ses débuts en tant que musicienne accompagnatrice, notamment en tant que bassiste lors des tournées de Daniel Caesar et Liam Payne, avant de commencer à sortir ses propres morceaux. Ses premiers albums – l’album 19 Masters sorti en 2022 et les EP QWERTY et QWERTY II sortis respectivement en 2023 et 2024 – présentent chacun autant de sons contrastés que l’on peut raisonnablement s’attendre à trouver sur un seul album ou EP. Hors contexte, la musique peut parfois être difficile à analyser, mais les projets fonctionnent selon leur propre logique, ce qui contribue à créer une atmosphère intéressante et unique. Dans cette optique, j’ai été surpris par la simplicité de SAYA lors de mes premières écoutes. Pour être clair, cela ne nuit en rien à l’album ; en fait, en supprimant une partie (pas la totalité) de la gamme sonore éclectique de ses précédents travaux, Gray a réussi à mettre en avant ses talents de compositrice.
Alors, par où commencer pour présenter les points forts de l’album ? Sur un album qui ne comporte pratiquement aucun point faible, la question est difficile. Le morceau d’ouverture, « ..THUS IS WHY ( I DON’T SPRING 4 LOVE ) », est, selon les standards de Gray, un morceau indie pop assez simple. Il comporte de nombreux refrains mémorables et des chœurs luxuriants, accompagnés d’un travail de guitare accrocheur. On y retrouve également une légère influence de la vague indie folk du début des années 2010, également présente dans « SHELL ( OF A MAN ) », « PUDDLE ( OF ME ) » et « LIE DOWN… ». En revanche, des morceaux comme « 10 WAYS ( TO LOSE A CROWN ) » et « H.B.W. » emmènent l’auditeur vers des horizons totalement différents. Même dans son projet le plus cohérent à ce jour, certaines chansons semblent, à première vue, ne pas avoir leur place dans l’ensemble. Mais ce qui fait que tout fonctionne, c’est que dans chaque morceau, Saya Gray reste indéniablement elle-même.























