baroque / classique

OSM | Le Messie… en Avent!

par Ariel Rutherford

10 décembre 2025, l’Avent bat son plein. Au cœur de la Maison symphonique de Montréal, l’OSM s’apprête, une fois de plus, à redonner vie au grand classique baroque qu’est le Messie de Haendel. Je suis assis rangée J, siège 23, mon sac à mes pieds. Je vais, pour la première fois découvrir et écouter l’entièreté du Messie. Je suis impatient. 

Les musiciens entrent sur scène, choeur, premier violon, solistes, Payare, applaudissements. Silence. Ça commence. Premier mouvement, Symphonie : l’oratorio émerge de la crypte du temps, aussi vivant qu’il y a 284 ans. Le miracle de la musique. Puis le premier soliste de la soirée se lève, ténor, et ça ne s’arrête plus. 

Je prends des notes, je gribouille, et surtout, j’écoute. C’est une œuvre massive et riche que Haendel a laissé à la postérité. Je ne vois pas le temps passer, la musique m’enveloppe, et voilà déjà l’entracte. Applaudissements, brouhaha, pause pipi. 

J’ai déjà des coups de cœur. Luciana Mancini, la mezzo-soprano, a une voix magnifique : chaude et puissante, ça me parle, ça m’enchante. C’est elle dont la voix, ce soir, me parait la plus puissante. Chaque fois qu’elle se lève, dans sa robe de velours turquoise, et marche vers le centre de la scène, j’ai hâte à ce qui m’attend. Le chœur reste malgré tout la vedette de la soirée: 35 voix qui fusionnent, s’affrontent, jouent et s’harmonisent, 35 voix qui se font un unique instrument. Un instrument qui me laisse à entendre des aperçus du paradis. Les fluctuations de registres, de volumes, du grave à l’aigu, du murmure au tonnerre, tant soudaines qu’imperceptibles, me donnent des frissons, m’arrachent par instant à Assiah. Quand je vois les chanteurs se lever à l’arrière de la scène, j’en ronronne presque.

Fin de l’entracte. Trois coups, je me rassois. Les musiciens retournent sur scène, chœur, premier violon, solistes, Payare, lumières, musique. C’est reparti. L’acte deux commence : avant de ressusciter le Christ, il faut bien le tuer – puisque le Messie de Haendel  avait été composé à l’origine pour Pâques. Les solistes se donnent à fond, ils sont à leur meilleur, plus assurés encore que dans le premier segment. Chaque mouvement est comme un nouveau chocolat tiré du calendrier de l’Avent, un plaisir. Les violons, trompettes et clavecins ne sont pas en reste : c’est beau, dramatique, triomphant et tragique. Les mélodies traversent mes tympans et me touchent au cœur.  J’ai bien dû laisser tomber une ou deux larmes et ce n’est pas dû à une poussière. Le Christ meurt, ressuscite, Alléluia. Le troisième et dernier mouvement m’a un peu laissé de marbre, mais je n’ai pas vu filer le temps, trois heures de bonheur. Applaudissement, trois rappels. Je rentre chez moi écrire ma critique, sourire aux lèvres.

Photos: Antoine Saito

Tout le contenu 360

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

18e saison du Vivier: tendre l’oreille à l’inattendu

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Eldritch Priest – Too, So Like Nothing

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Raymond Roussel – No One Asked Us Yet

Rite of Strings – Dust and the Moon

Rite of Strings – Dust and the Moon

SMCQ |  Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique,   ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

SMCQ | Simon Bertrand, 3 ans de direction artistique, ouverture de la saison, aperçu de M/NM 2027

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Paul Cargnello : deux décennies de musique et d’engagement

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Nicolas Lossen : jazz, mémoire et héritages en dialogue

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Emmanuelle Boucher : de La Voix à sa propre voie

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Souk du Sud 2026 | Borduas : de la scène aux coulisses de la culture

Jabfung – In Real Life

Jabfung – In Real Life

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

Stranger Still – We Might Not Tell Everybody This

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

MUTEK 2026 | Expérience 6 se conclut dans la jungle d’un gars nommé Gerald

MUTEK 2026 | Danny Tenaglia, artiste mutékien surprise au Piknic Electronik

MUTEK 2026 | Danny Tenaglia, artiste mutékien surprise au Piknic Electronik

MUTEK 2026 | Le « rough kuduro » de Nazar

MUTEK 2026 | Le « rough kuduro » de Nazar

MUTEK 2026 | Poirier… Il n’y a (toujours) pas de Sud, 25 ans plus tard

MUTEK 2026 | Poirier… Il n’y a (toujours) pas de Sud, 25 ans plus tard

MUTEK 2026 | Purelink et Mika Oki, toile d’une grande richesse

MUTEK 2026 | Purelink et Mika Oki, toile d’une grande richesse

Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou

Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou

MUTEK 2026 | COCKPIT, habiter l’interface

MUTEK 2026 | COCKPIT, habiter l’interface

MUTEK 2026 | dreamachine, hypnose et thérapie

MUTEK 2026 | dreamachine, hypnose et thérapie

MUTEK 2026 |  Super Galaxy Meow Meow, quand la lumière répond

MUTEK 2026 | Super Galaxy Meow Meow, quand la lumière répond

Alabama Shakes – I Must Be Dreaming

Alabama Shakes – I Must Be Dreaming

MUTEK 2026 | Pliq suggère Fixate: tension entre les niveaux de lisibilité

MUTEK 2026 | Pliq suggère Fixate: tension entre les niveaux de lisibilité

MUTEK 2026 | Improvisation libre Herbert X Sartorius, le meilleur des mondes

MUTEK 2026 | Improvisation libre Herbert X Sartorius, le meilleur des mondes

Fête de la musique 2026 | La programmation racontée par Angèle Dubeau

Fête de la musique 2026 | La programmation racontée par Angèle Dubeau

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné