baroque / classique / musique sacrée

Caprice/ArtChoral à la Maison symphonique | La table de Noël est dressée

par Alain Brunet

Avec le programme Hallelujah!, présenté le jeudi 4 décembre à la Maison symphonique, les ensembles Caprice et ArtChoral ont dressé la table des Fêtes. Voilà un des premiers concerts d’une longue série de décembre, où les œuvres incontournables sont présentées au public fervent de traditions sacrées ou profanes. Matthias Maute est un excellent maître de cérémonie en ce sens, son humour et ses capacités de communicateur sont à la hauteur de ses compétences musicales. On reste attentif en tout temps, on peut aussi sourire et rire de bon cœur.

D’entrée de jeu, une œuvre du chef lui-même est exécutée avec le concert de l’auditoire. Les chants et la construction de Hallelujah sont de facture rétro-nuovo, en ce sens qu’elles respectent l’esprit sacré de l’époque baroque, avec un petit je ne sais quoi d’aujourd’hui parce que des chansons modernes pourraient reprendre des procédés similaires dans leur construction.

La suite du programme était constituée de parties probantes des deux œuvres les plus emblématiques de l’époque baroque, reprises annuellement pour la Nativité.

D’abord, la cantate no1 de l’Oratorio de Noël de JS Bach, un foisonnement choral magnifié par les cuivres et les bois de l’orchestre. Les 9 parties de cette cantate sont assurément maîtrisées par ArtChoral et Caprice, dirigés par un unique chef et directeur artistique. Matthias Maute , faut-il le rappeler, est un maître  « baroqueux » de culture luthérienne, et donc enclin à la grande musique chorale – il est originaire de l’Allemagne méridionale, dans la grande région de Stuttgart.

On aura droit aux interventions probantes de la mezzo-soprano Florence Bourget, dont les fréquences n’ont pas pour objet de démontrer de la puissance mais plutôt de la texture et de la justesse dans ce contexte (les parties 3 et 4).  Le ténor Emmanuel Hasler, que nos commentateurs de hockey qualifieraient de « gros bonhomme », exprime une voix haute et ferme dans les parties 2 et 6. Dans la partie 7, la basse William Kraushaar m’est apparu comme un soliste des plus éloquents, tant pour sa puissance que sa présence sur scène. Il partageait la scène un moment avec la soprano Marianne Lambert, qui offrait un complément intéressant au soliste principal de cette partie, pendant que les anches soufflaient en contrepoint. La basse a ensuite accompli magistralement sa tâche de la partie 8, avant le le choral de la partie 9 coiffe le tout.

Georg Friedrich Haendel avait été sélectionné en deuxième partie de programme. Un choix justifié puisque de Le Messie est l’œuvre la plus jouée durant la période de l’Avent, alors qu’elle avait été composée à l’origine pour célébrer la résurrection du Christ. La posture lumineuse et sensuelle des sections confiées la soprano Marianne Lambert (There were shepherds abiding in the fields et Rejoice, greatly, O daughter of Zion) auront été parmi les passages marquants de cette exécution. La Nativité, première partie du Messie, aura été impeccablement exécutée par les ensembles, instruments anciens à l’appui, et les solistes avant qu’on y ajoute au dessert le fameux Hallelujah!, qui conclut normalement la 2e partie du Messie. Comment put-il en être autrement?

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