Rich Brown est un bassiste établi à Toronto. Avec Nyaeba, l’artiste pousse la basse électrique là où peu d’autres s’aventurent. Avec son instrument, il crée des sons fantastiques, tous réalisés naturellement en studio, puis réunis par le multitracking. Pas de triturage de console. Il est donc étonnant qu’on entende partout autant de sonorités surprenantes comme du piano à pouces (mbira), des pizzicatos de cordes, des percussions, etc. Brown construit des panoramas plutôt abstraits mais aérés, qui font parfois un clin d’œil à Alice Coltrane et Ornette Coleman. Il y a aussi un lyrisme magnifique mais ponctuel, chose qu’on n’associe habituellement pas à cet instrument. Dans ces moments, Brown a l’âme d’un griot mandingue qui raconte des histoires poignantes et envoûtantes. On aurait aimé en avoir davantage, car la majorité des pistes sont plutôt du côté du pointillisme esthétique que de la narration.
Un album au charme discret.























