Le 31 octobre à l’Espace C, lors du troisième soir du festival Akousma, l’artiste sonore montréalais·e IRL, également connu·e sous le nom d’Amanda Harvey, a présenté Big Room, une pièce immersive où le son devient espace, mémoire et matière sensible.
La pratique d’IRL s’articule autour de l’écoute, de l’architecture sonore et du corps comme récepteur. Avec Big Room, iel façonne un paysage auditif qui enveloppe progressivement l’auditoire. La pièce s’ouvre comme un souffle : un lent vortex de basses, de drones et de fréquences radiophoniques qui semble transformer la salle, la plier et l’étirer. Le son ne remplit pas simplement l’espace, il le reconfigure ; on ne sait plus si l’on se déplace dans la musique ou si c’est elle qui circule autour de nous.
Une atmosphère lynchéenne s’installe rapidement. Les nappes de synthétiseur analogique, sombres et granuleuses, respirent comme des entités nocturnes. Leur modulation lente suspend le temps et crée un état flottant où la musique n’impose aucune émotion, mais ouvre un espace intérieur, disponible, flottant. Les textures lo-fi, les basses sourdes et enveloppantes et les mélodies en filigrane révèlent une beauté ambiante subtile, presque secrète.
Sur scène, IRL s’efface volontairement. Pas de geste spectaculaire, pas de présence imposante : seul le son demeure, autonome. Comme iel le souligne dans ses entretiens, iel souhaite que l’auditoire puisse fermer les yeux et n’entendre que le paysage sonore.
Big Room ne se contente pas d’être écoutée. Elle transforme la salle en souvenir et fait vibrer l’espace intérieur, offrant une expérience immersive qui dépasse la performance pour devenir un voyage intime au cœur d’espaces imaginaires façonnés par la mémoire et le son.























