Je suis le premier à admettre que j’ai toujours du mal à prendre au sérieux les phénomènes musicaux viraux sur TikTok. C’est pourquoi, lorsque j’ai découvert Wisp, originaire de San Francisco, l’année dernière, je l’ai pris avec des pincettes. Celle qui se proclame « Whirr Whore For Life » connaît bien son pouvoir nu gaze, affichant ses influences shoegaze (Cocteau Twins, Slowdive et, bien sûr, Whirr) sur la pochette de son premier album, If Not Winter.
Ce premier album est beaucoup plus abouti et soigné que son premier EP, Pandora, ce qui est logique étant donné que Lu a fait appel à plus de sept producteurs différents. Les guitares donnent l’impression d’une couverture lourde et opaque tandis que Natalie Lu (la jeune femme de 21 ans derrière Wisp) murmure (ou chuchote…) à distance, tandis que la batterie martèle sans relâche sur un morceau comme « Save me now ». Ce premier album est-il comparable aux groupes légendaires de shoegaze auxquels Wisp fait référence ? Pour moi, cela dépend vraiment de mon humeur, mais Wisp a au moins permis à la jeune génération de découvrir les anciens groupes de shoegaze d’antan, ce qui n’est pas négligeable.
1,129 / 5,000
If Not Winter, c’est le son d’une chambre à coucher où l’on est extrêmement connecté et seul, des émotions à 3 heures du matin compressées en fichiers WAV et partagées avec des inconnus qui, d’une manière ou d’une autre, comprennent. On adore l’ambiance science-fiction d’un morceau comme « Guide Light », avec sa ligne de synthé un peu kitsch qui évoque un OVNI s’écrasant pendant une tempête de neige. Les bends de guitare sont également délicieux. Le morceau-titre a une ambiance plus Clairo que ce à quoi je m’attendais, mais il devient ensuite Wisp, une ambiance heavy atmosphérique classique, pendant le refrain, mené par une guitare acoustique. Cet élément acoustique réapparaît sur le morceau « Get back to me », et honnêtement, j’en aurais bien besoin pour varier les plaisirs. Car là où l’album pèche parfois, c’est dans sa monotonie : les voix feutrées et les arrangements minimalistes peuvent se confondre au fil du temps.
Je n’étais pas sûr d’entendre le même morceau des refrains de « Mesmerized » à « Breathe onto me ». On pourrait dire que c’est juste l’ambiance floue du shoegaze, mais pour moi, les « meilleurs » albums shoegaze présentent des changements de dynamique notables. C’est une petite critique, certes, et j’ai hâte de voir ce que Wisp nous réserve ensuite.























