On s’attendait à une nuit torride au Piccolo Rialto, jusqu’aux petites heures. Ce fut moins infernal que prévu. Le clou de cette nuit était Isabella Lovestory, dont on dit qu’elle vient de franchir le mur de New York où on s’apprête à la propulser encore plus haut.
Montréalaise originaire du Honduras, elle fait dans un reggaeton plus hardcore et souvent joué beaucoup plus rapidement, avec des effets sonores clairement atypiques malgré ses velléités pop. Isabella fait aussi dans la lourde évocation kitsch latino, vu ce look de midinette sexy se trémoussant aux quatre coins du rectangle scénique.
Plus rap que chant, sa dégaine vocale est certes enflammée, mais un tantinet brouillonne, échevelée, un peu perdue dans le maelström. Pas mal, on en convient, mais on attend les effets spéciaux! Avec un budget à la hauteur des prétentions de miss bombe, on remplacera les animaux gonflables, les ballons de Saint-Valentin et ce monde de toutous softcore ornant la scène, ceci incluant la principale intéressée. Mention spéciale à son excellente et très créative DJ, la New-Yorkaise ali rq, à suivre de près.
Une heure plus tôt, on s’était présenté au sous-sol du Rialto pour Jashim, qui brille dans l’underground montréalais pour ses déconstructions de reggaeton et sa posture non binaire afro-colombienne. Or, sa proposition sur scène a été plus convenue que ses enregistrements tout à fait rafraîchissants, pour leur originalité et leur aplomb. À peine une demi-heure passée sur scène, Jashim a quitté côté cour, après qu’une invitée sexy ait fait contrepoint avec son look beaucoup plus neutre, assurément non genré.























