Quarante morceaux, une heure et quarante et une minutes de musique. C’est la nouvelle mouture de Richard Russell, alias Everything is Recorded, appelée Solstice Equinox. Encore mieux : on s’ennuie rarement dans cette création un peu folle, mais fluide.
Récapitulons : Richard Russell dirige la maison de disque XL, qui a produit les albums d’ Adele, Radiohead, Florence and the Machine, Damon Albarn et plus. C’est aussi un musicien électronique et arrangeur prolifique.
Solstice Equinox est le quatrième opus de Everything is recorded. Il paraît qu’il est sorti quatre mois à peine après le précédent, Temporary, dont j’ai fait une critique plutôt positive sur PAN M 360.
Encore une fois, Richard Russell se retrouve entouré d’une foule de collaborateurs éclectiques, allant du chanteur et claviériste Sampha aux jumelles franco-cubaines Ibeyi, en passant par le saxophoniste Alabaster DePlume, la trompettiste Yazz Ahmed, originaire de Bahrein, et j’en passe.
Ces quarante pièces résultent de quatre sessions d’enregistrements en 2023 et 2024, précisément à l’occasion de solstices d’été ou d’hiver et d’équinoxes de printemps et d’automne. « Toute est dans toute », aurait dit notre Raoul Duguay. Richard Russell est un homme de concepts.
Après les sessions, il a mis du temps à tout remixer et ajouter ses touches électroniques pour en faire un tout cohérent. À mon humble avis, ça fonctionne plutôt bien. Nous voyageons dans un monde électro, constellé de jazz, de folk et de parfums d’Orient ou d’Asie.
Sur Solstice Equinox, on sent davantage la « touche » électronique que sur Temporary. On y trouve moins d’accents sur la voix chantée et les textes ; et davantage sur la voix comme instrument de musique.
Quarante pièces pour cent-une minutes : vous comprenez que les morceaux font en moyenne deux minutes et demie. C’est ce qui fait que le tout tient la route, malgré quelques inévitables redondances. On passe rapidement d’un climat à l’autre mais tout s’enchaîne hyper-bien.
Bien sûr, il faut aimer le genre : de l’électro plutôt doux, avec quelques dissonances et guitares fuzzy, mais dans l’ensemble très enveloppant.
Ce Richard Russell contribue à garder la Grande-Bretagne dans un sillon musical innovant. Il est loin d’être le seul.























