La foule s’est formée en un large demi-cercle autour de Slash Need, maintenue à distance par la présence volcanique du chanteur Dusty Lee. Ils marchaient sur des charbons ardents à la périphérie, soutenant de leurs yeux écarquillés le regard médusé du public. Derrière eux, ce qui ressemblait à un savant fou (Alex Low) avec des lunettes d’aviateur tournait les boutons de filtres stridents, transformant les basses acides en grognements animaliers. C’était un ensemble primordial, mêlant sensualité et colère non seulement à travers leur musique, mais aussi dans leurs tenues et leurs performances audacieuses. L’un des membres a traversé la foule avec des lampes de poche et un bas sur la tête, aveuglant les appareils photo des téléphones et nous captivant dans l’instant. Il était clair qu’il n’y avait pas d’échappatoire. Un extrait a retenti après leur premier morceau : « Vous êtes venus ici pour vous amuser, pour danser ? Eh bien, c’étaient les derniers. »
C’était un rappel bienvenu que la musique ne sert pas seulement à divertir ou à vendre. Slash Need est tout sauf un anesthésiant ; ils sont ce qu’ils disent. Et dans un monde où l’identité est affichée avec trivialité, ils portent le flambeau de groupes comme Suicide ou Pussy Riot, qui ont tourné le dos à la sympathie pour créer quelque chose de réel. Juste parce que, pourquoi pas ?
Malgré leur côté combatif, leur performance était accueillante et ouverte à la physicalité du corps. Tout le monde dansait, au moins dans une certaine mesure, sur les lignes de basse séquencées et les rythmes contagieux de la boîte à rythmes. Entre cela et les paroles qui criaient littéralement « ressentez votre corps », l’expérience tout entière constituait une prise de conscience profonde. Au final, le message était plutôt positif. Derrière une interprétation violente se cachait une tendre attention pour le public, le désir de le sortir de sa cage mentale.























