Quel étrange, mais fascinant, voyage que nous propose Amy Lawrence avec Pantilde de son alter ego The Worm. Imaginez un instant passer au travers un portail pour atterrir dans un univers parallèle aux caractéristiques désaxées par rapport au nôtre. C’est en vérité exactement la prémisse de cet album, explicitement définie de la sorte. Le portail en question (la plage 2 de l’album – Portal) est fait d’oiseaux et transporte les oreilles assez curieuses pour s’y aventurer dans des Cornouailles qui auraient été dessinées par des artistes déjantés et imbus de substances hallucinogènes. Amy Lawrence s’amuse donc à nous faire jouer le rôle d’Alice dans un pays de déstabilisantes merveilles. Celui-ci est habilement illustré par toute une panoplie d’instruments associés au folk celtique, mais pas que : harpe, guitare, guimbarde, flûte, pipeau, percussions diverses, violoncelle, etc. Des voix, donc celle de Lawrence s’y ajoutent et perturbent nos attentes sans les rejeter entièrement.
Pantilde sonne comme du folk, mais dans une version fantomatique, parfois spectrale et en tous les cas totalement désaxée. Il y a, partout dans ces Cornouailles de Multivers, des gens étranges et des créatures intrigantes, quoique jamais inquiétantes, heureusement. Pantilde invite le folk à investir le monde de la musique savante contemporaine, sans le recours à l’atonalité abstraite. Plutôt par le déplacement ou la superposition inhabituelle de tropes musicaux associés à la musique de racines.
Chaque plage est une nouvelle facette à découvrir et à explorer de cette contrée parallèle et, même si on en reste souvent perplexe, l’étonnement est toujours agréable.























