Joseph Edgar nous revient cette année avec neuf chansons anglophones , quelques mois seulement après avoir sorti un opus homonyme. Ce neuvième album a été enregistré et autoproduit chez lui, peaufiné avec les collaborateurs Benoit Bouchard et Sunny Duval. The Songs of Parkton Miller Vol.1 est un retour à l’essentiel, tant musicalement que poétiquement , « comme un vieux chandail tricoté, ne tient qu’à quelques fils mais tient bien au chaud quand même ».
On « décolle pour une ride » avec Champagne 25, une première chanson entraînante qui donne l’impression qu’on est accompagné par Joseph jusqu’au house party de la gang de musique, prémisse parfaite à ce qui suit. OMD nous entraîne ensuite avec son bel harmonica dans une ballade teintée de mélancolie… l’esprit de Lou Reed n’est pas très loin. Vient Trippin’ (3 in the Mornin’), un roadhouse blues de fin de soirée qui nous téléporte dans un de ces typiques jams de véranda à Moncton, dont on s’ennuie éternellement après les avoir connus.
Somewhere in Tibet est plus introspective, portant bien son nom et à la réflexion, sur une lumineuse ritournelle de guitare sèche. Wood Pipe, à la progression singulière, renforce cette perception d’un enregistrement intime et DIY, émaillé de quelques parasites sonores et qui nous glisse au passage des perles poétiques du genre « Ain’t it funny how things fly/And ain’t it sad good things die ».
Sur Better, une de mes préférées, on découvre une des mélodies les plus accrocheuse de l’album, l’influence des Beatles y est bien présente. Sous la forme d’un conseil prodigué à un ami, l’autodérision y est attachante ; « »but get the hell out of my yard »». Marching Bands, Mosh Pits and Funeral Songs fait ressortir les racines country de Joseph sur la seule chanson pour laquelle j’aurais préféré un plus d’arrangements, vu l’espace et le crescendo. On reste dans les sonorités avec Sailor Jane, chanson maritime dans laquelle l’envie de prendre le large se développe sur fond de guitare qui slide et de choeurs soufflés par le vent chaud. Enfin, Eyes clôt l’écoute telle une fable musicale chaleureuse non sans rappeler Walk on the Wild Side par moments.
Un album chaleureux, rempli d’authenticité, sans prétention. Joseph Edgar nous y prend la main pour une promenade et un chocolat chaud, nous y surprend avec la richesse de ses inspirations.























