De nombreux groupes prétendent vous transporter dans un autre monde. Peu y parviennent aussi rapidement et profondément que TEKE::TEKE, légendes montréalaises du surf rock psychédélique japonais.
Qu’il s’agisse de Maya Kuroki, la chanteuse qui ouvre le spectacle avec un monologue mélodramatique en retirant masque après masque pour en révéler toujours un nouveau, plus troublant encore ; de Yuki Isami, la flûtiste au look glamour de danseuse go-go des années 70 ; ou simplement des compositions agitées et en perpétuelle mutation qui composent leur répertoire, il est impossible de ne pas se laisser emporter par ce sextuor d’exception.
Vêtus de tenues aux motifs criards et dépareillés reflétant les influences musicales éclectiques qui animent le groupe, TEKE::TEKE nous a emmenés dans un voyage épique de près de 90 minutes, depuis leurs premiers albums jusqu’à certaines de leurs œuvres les plus récentes créées pour la bande originale du dernier Assassin’s Creed. Par moments, le son est brut, entraînant, parfait pour une journée sur la jetée. À d’autres, il devient un thème de poursuite façon parkour, haletant, survolté, qui nous saisit sans jamais nous lâcher : chaque virage serré nous prend de court et tisse une trame sonore dense, complexe, presque impossible à démêler.
Les morceaux peuvent comporter cinq, six, voire dix sections différentes, et le groupe fait preuve d’une maîtrise absolue, s’abandonnant à des instants de calme avant de jaillir soudainement dans des climax dramatiques, sans le moindre avertissement. Avec une énergie inégalée et un son unique, TEKE::TEKE continue d’être une force à ne pas sous-estimer.























