Alors que le ciel passait du bleu au noir et que les gens affluaient vers l’Esplanade Tranquille depuis tous les coins de la ville, la présence et l’intensité du producteur montréalais DELAVELOUR se sont amplifiées, lui conférant une aura lumineuse sous les acclamations de la foule. Musicien chevronné, son set a procuré une extase prolongée grâce à un équilibre parfait entre montées et descentes.
On savait ce qui allait se passer, non pas parce que c’était prévisible, mais simplement parce que cela suivait un rythme naturel. Il était là, avec nous, s’amusant lui-même et donnant l’impression que tout était facile alors qu’il se déplaçait sur scène, un micro dans une main et un verre dans l’autre.
Pendant ce temps, la présence vivante de cette expérience était alimentée par une dance music incroyablement précise et bien mixée. Chaque couche avait sa place, émergeant et s’estompant dans des poches qui nous montraient la musique sous mille perspectives, nous rappelant que si la musique était profondément enracinée dans l’histoire des dancefloors, les sons finement travaillés et la manière dont ils étaient joués étaient totalement exploratoires.
Les genres musicaux identifiés étaient alors innombrables. Le seul élément vraiment constant était l’âme vibrante de chaque morceau. On pouvait entendre des mélodies rappelant les tubes disco des années 80, avec une texture qui brouillait la frontière entre la voix et le synthétiseur. Le rythme changeait sans cesse, se transformant en un beat chaud et endiablé de Baltimore avant de remonter en un groove techno funky.
À travers tout cela, DELAVELOUR a canalisé le génie des producteurs ayant façonné le son d’aujourd’hui, tout en y apportant une touche authentique, en y intégrant sa propre voix grave et rêveuse.
Tout le monde pouvait y trouver quelque chose qui lui parlait, mais d’une certaine manière, c’était nouveau.
Au fur et à mesure, un beau sentiment de compréhension et de gratitude s’est installé. Certains se sont déchaînés sur la piste de danse, d’autres ont regardé avec admiration. Des personnes de tous âges étaient présentes, leurs yeux reflétant le jeu des couleurs, à l’intérieur d’eux une lumière inondante qui pulsait dans le ciel. La soirée s’est terminée par une constellation de visages souriants, que DELAVELOUR a fait résonner une dernière fois avant de partir, ajoutant ainsi à la collection de souvenirs mémorables de Mutek.























