Mardi soir à la SAT, le premier volet des Nocturnes de MUTEK s’est ouvert sur une performance envoûtante où la musique de Yu Su et les visuels de Myriam Boucher se sont rejoints dans un dialogue concluant, entre fluidité sonore et vortex lumineux. Dès les premiers instants, on plongeait dans un univers à la fois intime et expansif, où chaque geste semblait résonner avec le précédent.
Le live set de Yu Su commença délicatement, lançant le ton avec une trame ambient mouvante, où un effet de push and pull obtenu par l’interaction du kick et du synthé aérien évoquait le ressac sur la berge. Il est clair dès les premières secondes que Yu Su nous invitait à partager un rêve collectif, guidé par des mélodies délicates et une exploration onirique.
Rapidement, cet état de micro-gravité basculait vers la piste de danse, propulsé par des percussions pulsées aux saveurs house. Ces changements d’état, caractérisés par des contrastes inattendus, allaient marquer la soirée entière. Yu Su joue avec le principe de fluidité, démontrant une sensibilité singulière pour la narration musicale : un état de flux où les motifs se déploient à l’infini, jusqu’à nous téléporter vers un nouveau monde sonore.
Que ce soit l’ambient techno, la progressive electronic, la microhouse, l’expérimental ou le balearic beat, Yu Su y infuse une atmosphère tangible, hypnotique et luxuriante.
Au visuel, l’artiste montréalaise Myriam Boucher proposait un environnement en parfaite résonance avec la musique, traduisant l’intuition et les émotions de Yu Su dans une trame colorée. La méta narration, portée par une palette dominée de magenta, de violet et de rose, enveloppait la dimension émotionnelle et intuitive de la performance : douceur, innocence, romantisme, intimité, créativité et transformation pour n’en citer que quelques-unes.
Illustrant l’idée d’un voyage sans destination précise, à la fois expansif et ludique, le flow visuel se déployait en mouvements cycliques et hypnotiques, créant un va-et-vient rythmique d’une grande puissance magnétique. Ces flux adoptaient parfois la forme d’un vortex abstrait aux allures minérales, rappelant les motifs des cavernes ou une pluie d’étoiles, mais aussi l’élan fluide de coups de pinceau glissant sur une toile.
Cette rencontre entre deux univers a offert un moment suspendu, où musique et image s’entrelacent pour ouvrir un espace de voyage intérieur, sans destination précise mais riche en sensations partagées.























