Après deux albums, trois EP, deux live et une bonne poignée de simples en moins de quatre ans, les prolifiques Viagra Boys récidivent avec un troisième effort complet. Réalisé par leurs anciens collaborateurs Pelle Gunnerfeldt (The Hives, The Knife, etc.) et DJ Haydn, Cave World propose 12 titres (dont 3 ne dépassant pas la barre des 45 secondes et servant de ponts entre certains morceaux) toujours aussi barrés mais avec une emphase plus poussée sur le groove. Ce sont d’ailleurs les morceaux plus dansants qui se démarquent davantage sur ce nouvel album du combo suédois. Ici, le cocktail disco-punk inflammable des VG s’affirme davantage que sur le précédent Welfare Jazz de 2021 ; des chansons telles que Troglodyte, Punk Rock Loser avec son groove rappelant les Dandy Warhols, Ain’t No Thief qui nous ramène aux premiers morceaux des VG (notamment le classique Research Chemicals) avec sa grosse basse, ainsi que l’électro-punk ADD qui ne devrait avoir aucun mal à se frayer un chemin jusqu’aux pistes de danse de certains clubs… D’autres titres, notamment Big Boy avec son approche plus bluesy et la plus complexe The Cognitive Trade-Off Hypothesis, démontrent – une fois de plus – que les Boys aiment s’aventurer hors de leurs zones de confort (notez l’emploi du pluriel). Sur le plan thématique, Cave World s’inspire du chaos et de l’absurdité du climat actuel du monde, telle une satire joviale comparant les tendances ridicules et horribles des fusillades de masse et du déni de la science à la vie des hommes des cavernes. Après avoir mis en boîte ce troisième disque, les VG ont décidé de tout balancer et de retourner en studio pour réenregistrer l’album, changeant du même coup certaines musiques et paroles. On serait curieux d’entendre ce que donnait la première mouture mais, au final, ce deuxième essais s’avère fort convaincant et pourrait bien être ce que les VG ont fait de plus convaincant depuis le Street Worms de 2018.
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