FIJM | Gabriella Olivo, voyage musical en trois langues

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier
Genres et styles : cumbia / électro-indie / indie / indie folk / indie rock / latino

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Native de Québec, Gabriella Olivo propose un son planant, au confluent des traditions latines et de la modernité. Valsant avec aisance entre le français, l’anglais et l’espagnol, la jeune artiste impressionne par la délicatesse de sa voix et la sincérité de son art.

Forte de l’excellent A todos mis amores, son deuxième microalbum, la Québécoise est montée vendredi dernier sur la plus grande scène du Festival de Jazz de Montréal. Résultat : elle a livré une performance enveloppante, tout en douceur. Révélation de l’année Radio-Canada en 2025-2026, Gabriella est en pleine ascension sur la scène musicale québécoise. Fort à parier que son prochain album, attendu vers la fin de 2026, viendra la propulser encore plus loin.



Issue de l’union d’une mère mexicaine et d’un père québécois, elle façonne une musique hybride, profondément personnelle. « Je marie des sons traditionnels comme les guitares classiques avec des rythmes de cumbia ou de reggaeton. Je suis influencée par le indie rock, le folk et l’électro-indie », nous confie-t-elle.

Enregistré en majeure partie à Mexico City, A todos mis amores nous plonge au cœur de la ville natale de sa mère. Confectionnés en collaboration avec les frères Mijares, les arrangements de percussions, de guitares et de synthés hypnotisent. A todos mis amores se savoure du début à la fin, et on en redemande.

PAN M 360 : Salut! Vous êtes l’une des six Révélations Radio-Canada cette saison. Qu’est-ce que cet honneur représente pour vous?

GABRIELLA OLIVO : Je me sens vraiment choyée et touchée d’avoir été sélectionnée parmi autant d’artistes talentueux. Pour moi, c’est une belle reconnaissance qui apaise un peu le syndrome de l’imposteur que je ressens parfois comme artiste. En ce moment, j’écris mon tout premier album, alors ça me donne un bon coup de pouce et une tape dans le dos pour continuer.

PAN M 360 : Pour ceux qui commencent à vous découvrir, comment est née votre passion pour la musique?

GABRIELLA OLIVO : Ma relation avec la musique a commencé très tôt. J’ai commencé à prendre des cours de piano à 7 ans et je n’ai jamais vraiment arrêté. J’ai aussi joué de la trompette et du saxophone au secondaire; j’étais en jazz vocal et dans une chorale, Les Petits Chanteurs de Charlesbourg. La musique a toujours fait partie de moi, mais ça s’est intensifié quand je suis arrivée à Montréal. Avant, c’était un passe-temps. Pendant la pandémie, j’ai pris le temps d’écrire et de produire mes propres chansons.

PAN M 360 : Avec deux EPs à votre actif et un album en préparation, comment décririez-vous votre univers musical?

GABRIELLA OLIVO : C’est un mélange de plusieurs genres. Je marie des sons traditionnels comme les guitares classiques avec des rythmes de cumbia ou de reggaeton. Au cégep, j’ai eu un éveil musical très influencé par le indie rock, le folk et l’électro-indie. Mon groupe préféré, depuis longtemps, c’est Beach House — j’adore ces textures-là et les synthés. J’aime mélanger tout ça : la modernité, les effets numériques et analogiques, l’autotune… Bref, c’est un heureux mélange de textures, de genres et aussi de langues, car j’alterne entre le français, l’anglais et l’espagnol.

PAN M 360 : Justement, vous naviguez entre trois langues dans vos chansons. Qu’est-ce que cela vous permet d’exprimer?

GABRIELLA OLIVO : L’espagnol a une richesse romantique dans son lyrisme. Le français, c’est très pur. Quand j’écris, ça me vient naturellement, je ne réfléchis pas trop. C’est organique, et chaque langue vient appuyer l’émotion propre à chaque morceau.

PAN M 360 : Vous avez mentionné dans une entrevue que, même si votre mère est d’origine mexicaine, votre intérêt pour la musique latine est venu de vous-même. Qu’est-ce qui vous attire dans ces sonorités?

GABRIELLA OLIVO : J’ai souvent voyagé au Mexique ces dernières années, donc j’en ai entendu énormément. Les mariachis, ça vient vraiment me chercher… les boléros aussi. Ce sont des sonorités qui m’animent profondément et que j’adore. C’est moi qui suis allée puiser dans ces influences, d’une manière très instinctive.

PAN M 360 : Votre plus récent projet, A todos mis amores, est un superbe EP de six titres paru en octobre dernier. Dans quel univers souhaitez-vous transporter vos auditeurs?

GABRIELLA OLIVO : C’est un univers mélancolique, nostalgique, rêveur et planant. Comme tu dis, j’aime faire voyager les gens avec ma musique. Je suis très axée sur les arrangements musicaux, plus que sur les textes — c’est ce qui vient en premier, et ça a toujours été comme ça. Ça reste vrai pour mon premier album, même si je prends davantage soin de mes paroles aujourd’hui.

PAN M 360 : Vous avez enregistré la majorité de cet EP à Mexico City, la ville natale de votre mère. Comment ce voyage se reflète-t-il dans le projet?

GABRIELLA OLIVO : Je trouve qu’on sent vraiment l’énergie de Mexico City, mais dans une version actuelle. J’ai travaillé avec un producteur assez connu là-bas, Santiago Mijares, et son frère Patricio. Ce sont deux musiciens, compositeurs et auteurs hyper talentueux. On ressent la vibe de la ville dans les instruments, surtout que la majorité d’entre eux ont été joués par Santiago. Je dirais que c’est ça l’empreinte du voyage — sauf pour la pièce Tonterías, enregistrée à Montréal avec Léo Leblanc.

PAN M 360 : Vous avez aussi joué quelques instruments sur cet EP, non?

GABRIELLA OLIVO : Oui, j’ai joué certaines guitares et des bouts de synthé. C’était vraiment un travail collaboratif. Moi, j’arrive toujours avec des maquettes déjà bien avancées. Ensuite, avec Santiago, on les a retravaillées. Les lignes et les partitions étaient pas mal déjà écrites.

PAN M 360 : La pièce St-Valentin capte immédiatement l’attention. Quelle est son histoire?

GABRIELLA OLIVO : C’est drôle que tu me parles de celle-là! Je l’ai écrite il y a environ six ans, à une époque où je n’aurais jamais pensé faire carrière en musique. C’était dans un élan créatif, en pleine peine d’amour. Je l’avais enregistrée sur GarageBand, puis elle était restée dans mes archives. Je l’ai fait écouter à Santiago, il a tout de suite adoré, et on l’a retravaillée à la sauce Mexico City.

PAN M 360 : Quels sont les thèmes qui traversent cet EP?

GABRIELLA OLIVO : Dans mes deux derniers EPs, je parle beaucoup de relations amoureuses et amicales. Il y a aussi une chanson sur le deuil. Mais en ce moment, j’écris plus sur la famille, et je tends vers des textes plus engagés, plus ancrés dans l’actualité. Moins de romantisme, disons!

PAN M 360 : Et la suite, elle ressemble à quoi?

GABRIELLA OLIVO : J’ai plusieurs spectacles cet été, je vais beaucoup voyager à travers le Québec, et même au Nouveau-Brunswick. Et entre les spectacles, je travaille sur mon premier album. Si tout se passe bien, il devrait sortir à la fin de l’année 2026.

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