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Les meilleurs albums de 2022 selon PAN M 360 (2e partie)

· par Rédaction PAN M 360

Avec la pandémie qui semble se résorber, il s’est créé beaucoup de musique en 2022. Que faire pour trier le bon grain de l’ivraie? Nous, de PAN M 360, pensons que nous ne sommes pas seulement des critiques et des journalistes culturels, mais aussi des prescripteurs de musique à une époque où il est plus compliqué que jamais d’identifier les meilleurs sons qui circulent.

Voici la 2e partie de notre Top 100 albums, la 2e de 4 parties. Vous observerez qu’il n’y a pas de classement dans cette liste, pas d’ordre de style, pas de hiérarchie de sons, même pas d’ordre alphabétique. Pourquoi ? Parce que nous pensons sincèrement que les mélomanes n’ont pas besoin de telles structures hiérarchiques pour qu’ils se fassent leur propre opinion après nous avoir fait confiance. Souhaitons donc que vous débusquerez de l’excellente nouvelle musique à la veille la nouvelle année !

The Black Keys
Dropout Boogie (mai)
Nonesuch/Warner
Rock, Blues, Indie Rock

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Les Black Keys reviennent en 2002 avec un autre disque amusant et énergique. Guitares et batterie : c’est l’épine dorsale du rock n’ roll et du blues. L’album vous soulève avec ses riffs et ses rythmes tonitruants, et vous détend avec certains de ses morceaux plus doux. C’est parti pour le boogie ! (Thomas Moultrie)

Steve Lacy
Gemini Rights (mars)
RCA
Funk, R&B, psychédélique
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Tout simplement, Gemini Rights de Lacy est l’un des albums pop les plus sensationnels de l’année. La liste des titres s’écoule sans effort, on se trouve ravi par ces morceaux énergiques, jeunes et enjoués et par d’autres plus sombres et émouvants, ce démontre la maîtrise d’une grande diversité de styles et de nuances sensorielles. Gemini Rights sera sans aucun doute considéré comme un tournant dans la carrière de Steve Lacy, le propulsant vers un style plus clair et plus mature et posant les bases d’une œuvre passionnante qui ne fait que commencer à s’épanouir. (Lyle Hendriks)

Danger Mouse & Black Thought
Cheat Codes (août)
Bertelsmann Music Group
Hip-hop, rap, boom bap


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Une fois de plus, Black Thought reste l’un des grands rappeurs d’expression socio-politico-philosophique de la planète hip-hop. Ses réflexions sur la société américaine se poursuivent allègrement dans ces Cheat Codes, cette fois avec l’approche éclectique de son collègue Danger Mouse, dont l’expérience et la culture musicale (pop classique, funk, jazz, électro, boom-bap) dépassent largement le cadre des tendances du beatmaking.(Alain Brunet)

black midi
Hellfire (juillet)
Rough Trade
Expérimental, rock, rock prog, post-punk
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Hellfire est en quelque sorte un album conceptuel, structuré autour d’une série de vignettes, et est sans conteste théâtral dans sa constitution. Le générique de chaque titre, d,ailleurs, est révélateur de l’orientation orchestrale du groupe. Depuis Cavalcade, le groupe semble avoir fait de l’avant-jazz un élément de base de son son, et sur Hellfire, ce timbre de big band est utilisé intelligemment, avec beaucoup d’effet, pour accentuer les coups d’accords dissonants ou dans des moments plus tendres, donnant à l’album des accents de film noir. (Varun Swarup)

Kendrick Lamar
Mr. Morale & the Big Steppers (octobre)
pgLAng
Hip-hop, R&B, jazz

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Mr. Morale &The Big Steppers est un projet longuement mûri par le prodigieux Kendrick Lamar. La facture générale n’est pas un calque de ses enregistrements connus, ni un changement de direction. Jusqu’à ce jour, le parcours est presque parfait, au-delà de la reconnaissance déjà acquise par ses albums précédents ayant profondément marqué le hip-hop. Parlons d’une réelle évolution dans la même direction, avec le concert d’une légion de collaboratrices et collaborateurs venus fertiliser le terreau déjà très riche de Kendrick Lamar. L’univers du rappeur porte tous les attributs de l’excellence : lucidité, profondeur poétique, maîtrise des formes musicales impliquées, maîtrise des mots et de la déclamation, équilibre idéal entre l’expérimental et le convenu, entre simplicité et complexité. Rien de surchargé côté Kendrick même si certaines pistes de ce hip-hop haut de gamme impliquent jazz contemporain, musique de chambre classico-jazz, chant choral, électro créative tous azimuts, trip-hop. (Alain Brunet)

Kevin Morby
This is A Photograph (mai)
Dead Oceans
Alternatif, indie rock

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Le point de départ de la quête que représente le plus récent disque de Kevin Morby est une vieille photographie de son père qui venait d’être victime d’un malaise cardiaque. Cette quête a mené l’artiste à Memphis, dont l’héritage musical très riche baigne l’album qui voit Morby se surpasser en matière de compositions, de poésie, d’arrangements et d’interprétation. Une œuvre touchante et remplie d’empathie. (Steve Naud)

Wet Leg
Wet Leg (avril)
Domino
Alternatif, punk, post-punk

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L’été dernier, la petite bombe punky-pop Chaise longue a fait découvrir Wet Leg à la moitié de la planète. Avant ce 3,17 minutes de pur bonheur contagieux qui a récolté des millions de vues et d’écoutes, personne n’avait entendu parler de ce duo sorti de nulle part. Si beaucoup pensaient que le succès de Chaise longue serait court et que Wet Leg ne serait qu’un autre one hit wonder de plus, force est d’admettre que le binôme était assez inspiré lors de la création des douze titres de ce premier album contagieux, effronté, irrévérencieux et ludique.(Patrick Baillargeon)

BALUNGAN
Kudu Bisa Kudu (avril)
Cuneiform Records
Experimental, Javanese, Gamelan
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Un projet France/Indonésie initié par Guigou Chenevier (Étron Fou Leloublan) dans lequel une formation rock collabore avec un gamelan javanais. Le mélange est très réussi et ouvre des perspectives prometteuses. Un groupe (de 13 musiciens) difficile à maintenir, et dont cet enregistrement en concert pourrait bien en être le seul témoin. (Rejean Beaucage)

Yoo Doo Right
A Murmur, Boundless to the East (juin)
Mothland
Expérimental, post-rock, krautrock
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Grâce à ses constructions expertes de ziggurats de ver d’oreille, Yoo Doo Right produit un effet d’outre-monde sur le cerveau humain. Alors que la ligne de guitare en tonalité mineure se répète, une basse lourde guide le morceau vers une dimension obscure, tandis que la batterie – avec de petits accents sur le charleston ici et là – donne au morceau un aspect jazzy. Plus tard, des trilles de guitare frénétiques prennent le relais tandis que des murs de synthétiseurs les accrochent, englobant et conduisant la musique vers une conclusion sonore qui ne vient jamais. Au lieu de cela, nous entendons sept chutes de basse et de guitare tonitruantes et Vantablack! Et nous sommes de retour. C’est là toute la beauté du son de Yoo Doo Right : un mépris total de la prévisibilité qui vous laisse sur votre faim. (Stephan Boissonneault)

Roméo Elvis
TOUT PEUT ARRIVER (mai)
Universal, Island Def Jam
Hip-hop, rap franco
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Avec ce projet, Roméo Elvis se montre plus introspectif que jamais. Lors de la création de cet album, le rappeur a opté pour un rap posé, mélodique et dénudé de complexe. Comme à l’habitude, le Belge se démarque de ses confrères par ses refrains accrocheurs et ses paroles imprévisibles. Avec Tout peut arriver, Roméo Elvis prouve encore une fois qu’il est bien plus que le « simple » frère de la vedette de la pop française, Angèle.

 (Jacob Langlois-Pelletier)

Grems
10PKHO (octobre)
Gremsindustry
Hip-hop, rap franco
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Pour fêter ses 43 ans, GREMS s’est offert deux albums, Outrage et 10PKHO (dixième de sa carrière), avec son collaborateur de longue date Rrobin à la production musicale. Briseur de codes, GREMS fait partie des pionniers à avoir expérimenté et rappé sur des instrus inspirées de la deep house et de la techno. Graffeur et artiste visuel (#postgraffiti), le Français travaille les sonorités comme les couleurs : sa double proposition s’expose comme un clair-obscur. Mention spéciale à Jesus Is a Boogaloo. (Elsa Fortant)

JakoJako
Metamorphose (avril)
Bigamo Musik
Ambient, Electronic, Berlin
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Sibel Jacqueline Koçer – JakoJako – mériterait une place médiatique plus étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui à l’instar de Caterina Barbieri. Poétesse de la musique expérimentale analogique et modulaire, JakoJako déploie son génie et son talent à travers son large éventail de créativité: électronique, ambiant, expérimentale, techno, habillage sonore pour des pièces de danse contemporaine… Sa passion pour le modulaire est née en tant que conseillère en vente dans la boutique spécialisée, à Berlin, Schneidersladen. Lorsqu’elle n’est pas en train de guider la communauté des artistes dans leurs achats, elle déploie le restant de son énergie dans une multitude de projets pour des performances en direct, pour des DJ sets ou pour la production de ses albums: aux mythiques clubs berlinois comme le Berghain / Panorama Bar ou le Trésor, à la radio HÖR, à la chaîne de télé franco-allemande Arte (émission Let’s rave) ou bien à relever des défis de création instantanée pour le célèbre Fact Magazine, sans parler des sorties de disque. Sibel nous a conquis, encore et toujours, avec son dernier EP Metamorphose, sorti chez Bigamo Musik. Les deux titres, en écoute libre, sont Amygdala et Objekt. L’immersion dans un univers onirique et cosmique est manifeste. La trame sonore semble défiler sur un fil tendu, en constante progression vers la rupture, et, pourtant, Jako Jako construit une espèce de toile d’araignée, dans laquelle, elle vous emprisonne par ses tours de prestidigitatrice. Une pièce maîtresse de l’année 2022.  (Salima Bouaraour)

Peter Donohoe
Mendelssohn : Songs Without Words vol. 1 (Lieder ohne Worte) (janvier)
CHANDOS
Classique, période classique
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Le pianiste britannique Peter Donohoe offre ici un imposant premier volume centré principalement sur les Romances sans paroles (Lieder ohne Worte) de Félix Mendelssohn. Dès les premières notes, on est frappé par la force du toucher de Donohoe, à la fois vif et brillant et qui fait parfaitement ressortir avec sensibilité et cohérence les dynamiques des œuvres et la subtilité de leurs lignes musicales lyriques. (Alexandre Villemaire)

Black Country, New Road
Ants From Up There (février)
Ninja Tune
Post-rock, art rock, pop de chambre
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Avec Ants From Up There, Black Country, New Road prend une tangente inédite et organique qui ne ressemble à rien de ce qui se fait actuellement. Avec les assauts du saxophone, le tourbillon du piano, les staccatos des violons, la distorsion de la guitare et de la basse distordues, la polyrythmie de la batterie, Ants From Up There se distingue : une œuvre unique qui ne sera jamais reproduite. (Louis Garneau-Pilon)

Natalia Lafourcade
De todas Las flores (octobre )
Sony Music México
Expérimental,1contemporain, latino, jazz, musique traditionnelle mexicaine

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Natalia Lafourcade incarne le génie du mélange de la tradition avec la modernité mexicaine. Ce premier album de compositions originales en 7 ans, après moult explorations des racines, est impressionnant. C’est une réflexion sur le deuil amoureux, la mort, la féminité et l’introspection. Il est beaucoup question de passage de l’obscurité à la lumière. Cette autrice compositrice féministe n’a que 36 ans. Elle porte une partie de l’avenir du Mexique en elle.  (Michel Labrecque)

Shenseea
ALPHA (mars)
Rich Immigrants, Interscope
Hip-hop, dancehall, pop

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En six ans de carrière, on ne compte plus les collaborations de Chinsea Lee; d’abord avec les Jamaïcains Sean Paul et Vybz Kartel, puis rapidement avec les Christina Aguilera, Tyga, Young Thug et autres Major Lazer. En 2022, la consécration : elle participera à Donda de Kanye West, nommé pour le Grammy de l’album de l’année avec deux extraits, signera en gérance avec Salxo, responsable des carrières de the Weekend et Doja Cat et enregistrera la grivoise Lick, avec Megan Thee Stallion. Il était donc grand temps pour un premier album solo et l’exercice est réussi, avec un savant dosage de dancehall, de pop, hip-hop, soul et R&B, mettant toujours bien en valeur sa voix bien assurée, rappelant une autre chanteuse caribéenne bien en vue, de la Barbade, celle-là. (Richard Lafrance)

Yeah Yeah Yeahs
Cool It Down (septembre)
Secretly Canadian
Indie Rock, Alternative
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Le cinquième album studio des Yeah Yeah Yeahs a très clairement un pied dans les racines post-punk à l’origine de leur ascension il y a une vingtaine d’années. Mais à l’instar de certains morceaux nous invitant à embrasser le changement (Feel Different Today) et la prise de risques (Fleez), Cool It Down ose transporter les fans de la première heure vers un univers moins chaotique et plus mélodieux. Avec cet album, les YYY prouvent qu’il n’est pas nécessaire de se cantonner dans la nostalgie des belles années pour continuer d’exister.

 (Genevieve Gauthier)

Black Star
No Fear of Time (mai)
Autoproduction
Hip-hop, rap
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Pendant 24 ans, Mos Def & Talib Kweli Are Black Star fut le seul album d’un grand duo du rap, toutes époques confondues. En 2022, le super tandem lançait un 2e opus de haute volée. L’idéologie progressiste, pro-diversité culturelle et pro-black est au cœur de ce nouvel opus intitulé No Fear of Time. Les allusions à la spiritualité n’y sont pas insistantes mais bien présentes, les dénonciations anti-suprémacistes n’y sont pas exagérées, on y associe justement le radicalisme blanc d’extrême droite à la maladie mentale. Le rappeur Black Thought (The Roots) et la chanteuse Yummy Bingham y sont invités à collaborer sur certaines pistes, et le grand beatmaker, compositeur et arrangeur Madlib est impliqué dans la construction générale de ce projet idéal pour les mélomanes férus de boom bap, de jazz, ou de soul orchestrale. Tout ça est excellent, solide du début à la fin. (Alain Brunet)

Ariane Roy
medium plaisir (février)
La Maison Fauve
Indie pop, chanson, électro-pop, rock
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medium plaisir, le premier album d’Ariane Roy, sortait en février et lui a valu le titre de révélation de l’année au gala de l’ADISQ, sans compter plusieurs nominations pour divers prix. L’univers musical unique de la chanteuse est riche: tendre et romantique par moments, ardent et provocateur par d’autres, medium plaisir montre la capacité d’Ariane Roy d’émouvoir ses auditeurs par sa propre vulnérabilité. (Arielle Caron)

Fontaines D.C.
Skinty Fia (avril)
Partisan, Rough Trade
Post-punk, rock alternatif
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Sur Skinty Fia, l’œuvre la plus sombre et la plus atmosphérique du groupe à ce jour, le contexte est primordial. Le morceau d’ouverture In ár gCroíthe go deo fait référence à une décision absurde de l’Église d’Angleterre, qui a jugé que cette phrase – qui signifie “dans nos cœurs pour toujours” – n’était pas appropriée pour une pierre tombale car elle pouvait être considérée comme un slogan politique irlandais. Ce titre donne un ton sinistre à cet album, résumant parfaitement ce côté sombre de la société que vivent au quotidien des gens de Dublin comme le chanteur Grian Chatten. (Stephan Boissonneault)

Basia Bulat
The Garden (février)
Secret City
Indie folk, Alternative, Singer-Songwriter
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Né dans le jardin de la Belle et la Bête, lors de performances éphémères de musique de chambre réalisées avec des ensembles, The Garden rompt un mauvais sortilège du passé et nous dévoile une artiste canadienne d’origine polonaise qui s’est pleinement trouvée. Avec un regard tourné vers l’avenir, Basia Bulat immortalise, telle une délicate broderie folklorique traditionnelle, l’éclosion féérique d’une maman en fleur. (Louise Jaunet)

Grim Streaker
MIND (mars)
Mothland
Post-punk, noise, new wave
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Cet EP ne compte que quatre chansons… à son grand détriment, car le son de Grim Streaker est immédiat et hypnotique. Nous avons ici un atelier d’art, des paroles pince-sans-rire portées par le style vocal d’Amelia Bushell, nous avons aussi l’utilisation tourbillonnante de boîtes à rythmes, de synthétiseurs et autres objets ménagers. Et le son de la guitare est épidermique, rappelant le lead de la chanson Fashion de David Bowie joué par le grand Robert Fripp. Je m’attends à ce que Grim Steaker fasse encore de la grande musique en 2023. (Stephan Boissonneault)

Voïvod
Synchro Anarchy (février)
Century Media Records
Métal, thrash métal, prog métal
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Synchro Anarchy confirme bien une chose : après 40 ans, Voïvod garde sa place au sommet du rock lourd. Ou du rock tout court. Aucun groupe ne peut durer exactement le même après aussi longtemps et pourtant… on reconnaît instantanément le son de Voïvod dès la première mesure, un son assorti d’innombrables changements abrupts de tempii et de la voix de Snake Bélanger s’érigeant comme une des montagnes maudites de l’univers lovecraftien.  (Louis Garneau-Pilon)

Crime of Passing
Crime of Passing (avril)
Future Shock Recordings
Post-Punk, coldwave, industriel
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Comment dire autrement que ce premier album du groupe de l’Ohio fesse dans le dash? Dès la première pièce, il règne une camaraderie explosive entre la batterie, la basse et la guitare électrique, qui entremêlent rythmes à couper le souffle et mélodies distinctes. Et au milieu de tout ça, Andie Luman, dont la voix fervente et affligée feint de glisser à côté des bonnes notes. Mais il ne faut pas s’y méprendre : ses complaintes criardes sont celles d’une chanteuse qui maîtrise son instrument. Il nous apparaît clair que Crime of Passing, qui émane de la scène post-punk de Cincinnati, n’est pas que de passage.(Isabelle Marceau)

Gordon Grdina’s Nomad Trio
Boiling Point (juin)
Astral Spirits
Free Jazz, Modern Jazz
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Deuxième opus pour le trio que l’oudiste et guitariste vancouvérois Gordon Grdina forme avec les newyorkais Matt Mitchell (piano) et Jim Black (batterie). Grdina met dans sa musique une touche de musique arabe, une autre de musique contemporaine et, surtout, des rythmes qui s’entrecroisent dans un feu d’artifice complexe qui a la fluidité de l’improvisation. (Réjean Beaucage)

Bertrand Belin

Tambour Vision (mai)

Wagram

Chanson, minimalisme, folk-rock, électro

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Jusqu’à maintenant, la trajectoire musicale de Bertrand Belin s’avère parfaite. Pigez un album au hasard, dans sa discographie. Vous n’y trouverez que de bons textes, car le bonhomme a du sang de littérateur; que de bonnes musiques, car le lascar est inventif; puis, que de bonnes chansons, car ce créateur aux initiales B. B. est doué d’un sens aigu de la prosodie. Le très récent recueil Tambour Vision compte onze pièces aux titres qui excitent vivement la curiosité du musicophile, comme CarnavalAlleluiaMargueritePipe ou Maître du luth. Musicalement, Belin a ici opté pour un minimalisme relatif et synthétique. Son comparse Thibault Frisoni (qui a composé les musiques de Tambour et National) manie les synthétiseurs prépondérants, ainsi que la guitare, la basse et la batterie. Bertrand B., de son côté, touche le Mellotron, le violon et la guitare. B. B. appartient à cette cohorte de créateurs quadras ou quinquas de chansons calmes aux mots très soignés, ces J. P. Nataf, Mathieu Boogaerts, Bastien Lallemant ou Jeanne Cherhal. De fait, on aimerait bien revoir et réentendre Bertrand Belin chez nous. D’ici là, nous plongerons et replongerons de son Tambour Vision. (Luc Marchessault)

Wizkid

More Love, Less Ego (novembre)

Star Boy / RCA

afrobeats

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Actuellement au top du top de la mouvance afrobeats, le Nigérian Wizkid est un rare acrobate. Aucune hésitation à le qualifier n ° 1 de ce genre en 2022, il ne déçoit jamais! Après le succès discographique de Made in Lagos en 2020, Wizkid a sorti un 5e album studio très attendu More Love, Less Ego. Les 13 chansons comprennent des collaborations avec des artistes comme Skepta, Ayra Starr, Skillibeng, Shenseea, Naira Marley, Don Toliver. Durant 40 minutes et 53 secondes, on se trouve plongé dans une ambiance pavée de grooves sensuels. Le groove nigérian est au coeur de la mouvance afrobeats, ce mix suave de reggaeton, dancehall, compa, juju, nusoul/R&B constitue le socle de cet album irrésistible, incarnation suprême de l’afrobeats, authentique groove planétaire. (Djazia Idir)

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