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Pays : États-Unis Label : Blue Note Genres et styles : funk / hard bop / jazz / jazz contemporain Année : 2021

Makaya McCraven – Deciphering the Message

· par Alain Brunet

Blue Note, sans conteste l’une des marques les plus réputées du jazz, a donné au percussionniste virtuose et compositeur visionnaire Makaya McCraven l’accès à ses archives (années 50 et 60, surtout) pour en en ériger les fondements de son nouvel album, Deciphering the Message . Quelle est alors le lien entre le visionnaire de Chicago et cette banque d’archives? La démarche est celle d’un musicien et beatmaker à la fois, c’est-à-dire relire de vieux enregistrements et en faire de la nouvelle musique avec son équipe composée des guitaristes Jeff Parker et Matt Gold, du bassiste Junius Paul, du trompettiste Marquis Hill, des saxophonistes Greg Ward et De’Sean Jones, du vibraphoniste Joel Ross.

Ainsi, cette génération désormais confirmée de hip cats puise chez Art Blakey & the Jazz Messengers, Kenny Dorham, Horace Silver, Hank Mobley, Wayne Shorter , sans compter le MC Pee Wee Marquette. Ainsi, McCraven procède de la même manière que sur ses albums précédents : extraire des boucles à partir des archives, les réarranger, y superposer de nouvelles basses, de nouveaux claviers, y superposer des beats hip hop au swing hard bop ou funk d’il y a 60 ans. Voilà qui n’est pas sans rappeler les pratiques acid jazz des années 90, soit Jazzmatazz & Guru, US3, DJ Premier, Buckshot LeFonque (Brandford Marsalis) , Groove Collective, Ronnie Jordan, Brand New Heavies, Donald Byrd ou encore les traitements subséquents, encore plus hip hop, des JDilla, A Tribe Called Quest, Madlib, Digable Planets et autres Pharcyde.

Alors? La valeur ajoutée de notre “beat scientist” autoproclamé ne s’avère pas pas aussi innovante que celle de ses propositions précédentes… comme s’il avait été un tantinet intimidé par ces enregistrements historiques auxquels il s’est abreuvé. Convenons que cet album ne déclenche pas les wow de ses deux albums précédentsm In The Moment (2015), Universal Beings (2018) ou sa re-création, mieux justifiée et mieux réussie, de I’m New Here de Gil-Scott Heron. Cela dit, convenons également que le groove est là, le musicianship est là, la coolitude est là. Ne boudez pas votre plaisir pour ces considérations pointues et faites le voyage d’aujourd’hui à hier.

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