autochtone / Maori Traditional Music / musique contemporaine

Présence autochtone 2025 | Baleines sans frontière

par Frédéric Cardin

La création mondiale du Chant de la baleine, un projet australo-canadien mettant en scène l’ensemble Oktoecho, de Montréal, et des artistes autochtones d’Australie et de Nouvelle-Zélande, avait lieu hier soir sur la Place des Festivals. Dans l’entrevue accordée à mon collègue Alain Brunet, la co-compositrice de l’œuvre, l’Australienne Corrina Bonshek révèle ne pas avoir écrit de notes pour les musiciens et musiciennes solistes et avoir plutôt proposé des paysages à habiter. C’est exactement l’effet que la musique de près de 90 minutes a offert aux spectateurs : un vaste panorama à l’atmosphère généralement contemplative et spirituelle. Au gré des instruments et des voix traditionnelles (chants de gorge inuits, didgeridoo australien, kemancheh persan, flûte traditionnelle et conque océane aborigène, etc.) lentements déployés, le paysage s’épanouit en successions de passages calmes (majoritaires) et animés (occasionnels). Le duo de chanteuses inuites nous a renseigné, avec exemple à l’appui, sur le caractère ludique et compétitif du chant de gorge, un moment très sympathique. 

LISEZ L’ENTREVUE AVEC LES CO-COMPOSITRICES DU CHANT DE LA BALEINE

Comme mentionnés, les rares moments accélérés ont donné un peu de pep au spectacle, dont la valeur artistique et esthétique me semble plus agréable à expérimenter en salle qu’à l’extérieur, à moins d’une mise en espace visuelle plus holistique. Quelques longueurs ont parsemé le déroulement. C’est une première, il reste donc du temps pour affiner des détails et accélérer le pacing entre les pièces, qui semblait parfois indécis. 

Je noterai aussi que la structure narrative de l’ensemble du concert pourra échapper à plusieurs, car le lien avec les baleines devient parfois indicible. Cela dit, l’œuvre est aussi une grande fresque teintée de symbolisme, et non un théâtre musical qui raconte une histoire précise. 

Malgré ces bémols bien intentionnés, je reste imprégné des ambiances prenantes et envoûtantes créées par les co-compositrices Katia Makdissi-Warren et Corrina Bonshek, ainsi que tous les artistes sur scène, dans ce crossover étoffé habité des meilleures intuitions spiritualo-environnementalistes. 

Une deuxième perfo a lieu ce soir sur la Place des festivals

Co-dirigé et composé par Corrina Bonshek (Australie) et Katia Makdissi-Warren (Canada), en étroite collaboration avec des artistes de renom :

  • Whaia Sonic Weaver – chanteuse maorie
  • Oncle Bunna Lawrie – chanteur, conteur et activiste aborigène
  • Nina Segalowitz & Lydia Etok – chanteuses de gorge inuites et codirectrices artistiques d’Oktoecho
  • Et les musiciens : Greta Kelly, Étienne Lafrance, Bertil Schulrabe, Michael Askill et Jason Lee Scott

Tout le contenu 360

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Matière limpide pour Eaux mêlées

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Mélanie Zhou et les échos du deuil

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Le legs de feue Chantal Dumas

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Manipulations en temps réel et douce violence chez Xavier Ménard et Diego Bermudez-Chamberland

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Synthèse rétroactive selon Alex Brisson

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Akousma | Manuella Blackburn, une poétique de l’ordinaire

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Oktoecho x FMA | Katia Makdissi-Warren, 25 ans de pratiques métissées et nouvelles collaborations symphoniques

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

Guillaume Côté et Les Songes d’une nuit d’été : le chorégraphe nous parle de son rapport intime avec la musique

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

SQMC/Chapelle historique du Bon-Pasteur : à la découverte de la musique contemporaine québécoise

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

OSM | De la virtuosité de Kavákos au flamboyant Oiseau de feu

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Jayleen McCarty : «Je ne suis pas née reine, je le suis devenue»

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma| Felix Deufel nous fait découvrir la richesse sonore inouïe de l’Arctique

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Les Artefacts sonores de Roxanne Turcotte

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Duo Audréanne Filion et Myriam Bleau : là où réel et virtuel se confondent

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Akousma | Exzald S, la violence du calme

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

Mois du Créole 2026 | Richy Jay fait vivre le konpa et le zouk à Montréal

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

OSM | D’un quatuor à l’autre à Bourgie, Debussy révèle toute la complicité des musiciens de l’OSM

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Melanie Zhou : façonner le son, traduire l’émotion

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Akousma | Alex Brisson et l’exploration musicale du feedback

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Caprice au 9e : un agréable essai de rencontre baroque et carnatique

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Le Vivier | La fièvre (tonitruante) du dimanche soir

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Piknic Électronik x Igloofest: un dernier hourrah! avant janvier

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Le Vivier | Albane Tamagna, autres modes de jeu de la flûte

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Mois du Créole 2026 | David Bontemps : des frissons du début à la fin

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné