Le 9 octobre, dans le cadre de la 25e édition du Mois créole à Montréal, Ricky Jay, un jeune chanteur d’origine haïtienne, et son groupe ont donné un concert émouvant à l’auditorium de la Grande Bibliothèque. Le concert a mis un certain temps à commencer ; j’imagine que les organisateurs, tout comme nous, les spectateurs, espéraient voir davantage de monde.
Nous pouvions apercevoir les musiciens jeter un œil depuis les coulisses jusqu’à ce que le maître de cérémonie, qui est également le fondateur de l’événement, nous souhaite la bienvenue et présente fièrement les nombreuses activités du festival, notamment des spectacles, des séances de contes et des salons du livre. Il a présenté Ricky Jay comme un artiste unique et a dit au public de se sentir privilégié de pouvoir assister à un concert aussi intimiste. La salle était silencieuse lorsque les musiciens sont montés sur scène, sérieux et un peu tendus. Dès le début du spectacle, sous la houlette de Ricky Jay, chacun des musiciens s’est libéré de sa réserve. Ricky Jay, en particulier, a su maintenir une énergie chaleureuse et conviviale, en interprétant des morceaux de konpa et de zouk allant du traditionnel au romantique en passant par le festif.
Au fur et à mesure que l’énergie montait, quelques personnes se sont mises à danser. J’ai particulièrement apprécié les membres les plus anciens de la communauté qui ne pouvaient rester assis ; leur élégance et la façon dont ils vivaient la musique nous ont transportés aux débuts du konpa, dans les années 1950. Je ne pouvais m’empêcher de penser à quel point il est merveilleux que cette musique soit intemporelle, qu’elle perdure à travers les générations et les frontières géographiques. Chaque membre du groupe a eu droit à un solo, un moment pour exprimer sa passion et son lien profond avec son instrument et la musique.
Enfin, Ricky Jay a clôturé la soirée avec « Zouk la se sel medikaman nou ni » (« Le zouk est le seul remède que nous ayons »), ce qui a immédiatement incité la vingtaine de personnes présentes à se mettre à danser au premier rang, et quelques courageux ont même rejoint les musiciens sur scène. « On n’est pas beaucoup, mais on est plusieurs », a répété Ricky Jay tout au long du concert. Pour moi, cela m’a rappelé que, quel que soit notre nombre, Ricky Jay et son groupe se sont produits avec passion et ont veillé à ce que le public passe une excellente soirée.
Crédit photo: Elizabeth Drapeau























