Présentée dans un firmament de haut-parleurs disposés à l’Usine C pour la 22e édition du festival Akousma, Inter Mentes: A Lament (2025) témoignait mercredi de la sensibilité timbrale de la jeune compositrice canadienne Mélanie Zhou, étudiante en composition à l’Université McGill. Lauréate du concours international Petites formes en 2026, elle y déployait une écriture électroacoustique où les harmonies côtoient des textures sonores troubles, entre familiarité et étrangeté.
Des sonorités graves aux résonances cristallines, des voix lointaines aux cloches scintillantes, Zhou transforme et superpose des enregistrements d’objets du quotidien pour façonner une matière sonore à la fois enveloppante et insaisissable. Malgré la complexité des textures, une sensibilité tonale persiste, offrant des repères mélodiques au milieu de ces sonorités mouvantes. Ce contraste nourrit un parcours émotionnel qui oscille entre la quête de sens face à la perte et la nostalgie de l’enfance. Les harmonies plus douces évoquent une innocence fragile, bientôt troublée par des timbres plus abstraits, presque inquiétants.
Inspirée du poème Lament de Bert Meyers, la pièce explore ainsi la mémoire et le passage du temps sans chercher à résoudre les tensions qu’elle fait émerger. À mesure que les couches sonores se transforment et se dissipent, les repères s’effritent, laissant place à une forme d’acceptation incertaine. Plutôt qu’une conclusion nette, Zhou privilégie l’effacement et la persistance des traces, comme si la mémoire continuait de résonner bien après la disparition de ce qui l’a nourrie.
Photo : Caroline Campeau























