Par le biais d’apeaux de terre cuite et de générateurs sonores électromécaniques, les compositeurs Xavier Ménard et Diego Bermudez Chamberland étaient devant nous et non au centre de la pièce, question de bien montrer les outils de leur création diffusée mercredi à l’Usine C, intitulée Palabras pour cette DOUCE violence / Soy viento y machina, soit 20 minutes bien tassées avec machines et objets.
Des lignes de son superposées en continu ou encore sous la forme de vagues sonores, constituaient le bourdon au-dessus duquel les objets de céramique émettaient leurs fréquences spécifiques, manipulés en temps réel par leurs concepteurs qui pouvaient en faire usage comme des percussions ou des instruments à vent.
Et l’on ne compte pas d’autres interventions en direct qui en constituaient le “contrepoint” – tintements de cloches, aération musclée, sifflements, entrechoquements, clapotis, crissements, voilà un bel étal de sons pour la plupart filtrés et transformés en temps réel.
On cherchait ainsi à établir un dialogue “entre geste instrumental, traitement audionumérique et spatialisation”. Difficile de confirmer sur place si cette exécution interrogeait “ la difficulté réelle de s’exprimer et d’exister dans la différence, et comment ces expériences nous contraignent parfois à devenir une sorte de machine pour survivre”, conformément aux notes de programme. Faisons un acte de foi sur le sens accordé aux sons, et ne boudons pas notre plaisir à planer avec Diego et Xavier.
Photo: Caroline Campeau























