Le 12 juin 2026, en plein lancement des Francos de Montréal, ce festival qui transforme chaque été le Quartier des spectacles en laboratoire vivant de la musique francophone, Robert Robert prenait place à 22h30 au Pub Brasseur de Montréal, dans le cadre des Soirées chaudes. Une scène plus intime, presque compressée, parfaite pour un artiste qui joue précisément avec les frontières entre proximité et distance.
Dès les premières minutes, le ton est donné : on n’est pas dans un spectacle frontal. Robert Robert ne performe pas, il installe. Une ambiance moite, nocturne, où les beats électroniques servent moins à faire exploser la foule qu’à la maintenir dans un état suspendu.
La musique pulse, mais jamais de manière évidente. Chaque drop semble retenu, chaque montée volontairement incomplète. On danse, oui — mais comme si quelque chose empêchait l’explosion totale. Et c’est précisément là que le show trouve sa force.
Sur scène, l’artiste Arthur Gaumont-Marchand reste fidèle à sa signature : une présence presque détachée, comme s’il observait son propre spectacle de l’extérieur. Cette distance crée un contraste fascinant avec la chaleur de la foule, de plus en plus dense à mesure que la nuit avance.
Rapidement, l’espace devient trop petit pour contenir l’énergie. Le public déborde légèrement vers l’extérieur, les regards s’accrochent, les corps suivent le rythme sans vraiment chercher à comprendre. C’est un concert qui ne demande pas d’être analysé, mais vécu — presque physiquement.
Les morceaux s’enchaînent comme des fragments d’un même état. Pas de cassure nette, pas de moment clairement défini comme “le hit” : tout est dans la continuité, dans cette sensation d’être pris dans un flux constant. Une approche qui reflète bien la trajectoire de Robert Robert, passé de DJ à artiste pop-électronique, toujours en équilibre entre club et introspection.
Ce qui marque surtout, c’est cette capacité à maintenir une tension sans jamais la résoudre complètement. Là où d’autres cherchent le climax, Robert Robert semble préférer l’entre-deux — cet instant juste avant que tout bascule.
Aux Francos, dans un festival souvent marqué par les grandes envolées et les refrains fédérateurs, ce choix artistique tranche. Et c’est précisément pour ça qu’il reste.
Ce soir-là, au Pub Brasseur, Robert Robert n’a pas livré un concert à consommer.
Il a créé une immersion interactive au sein de son monde musical.
Crédit photo : Productions Novak























