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Les Violons du Roy à la Maison symphonique: Dixit Dominus, les mots de Bernard Labadie

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· par Rédaction PAN M 360

Un rendez-vous avec le sublime Dixit Dominus de Handel dont la virtuosité vocale et la puissance de l’expression musicale en font l’une des plus grandes réussites chorales du compositeur. Le motet Jesu, meine Freude de Bach appartient lui aussi au plus beau répertoire sacré de toute l’époque baroque. En ouverture, un bref et très poignant motet du prédécesseur de Bach à l’église Saint-Thomas de Leipzig.

Ce concert est présenté grâce au soutien de la Fondation Azrieli et The Flora Ann Birks Foundation.

Durée : 1h45 incluant la pause de 20 minutes

À propos de l’œuvre

Composé en 1707 à Rome, alors que Handel n’avait que 22 ans, le Dixit Dominus est l’une des œuvres chorales les plus virtuoses et les plus saisissantes du répertoire baroque. Mis en musique à partir du psaume 110, ce chef-d’œuvre de jeunesse révèle déjà un génie compositonnel hors du commun.

Rome, 1707 : une ville en ébullition musicale

À Rome, l’interdiction papale des représentations publiques d’opéra semble avoir attisé les flammes plutôt que de les éteindre. Sous couvert d’oratorios et de cantates, la musique vocale de style opératique s’infiltre dans l’Église catholique, dont plusieurs cardinaux — Pamphili, Ottoboni et Colonna — deviennent mécènes des compositeurs. Les palais de ces prélats fortunés deviennent ainsi des havres secrets pour l’opéra. C’est dans cet environnement bouillonnant que le jeune Handel compose le Dixit Dominus.

Une œuvre qui bouleverse ses auditeurs

Le Dixit Dominus est l’une des premières compositions de Handel pour chœur — une œuvre à couper le souffle qui touche si profondément les autorités religieuses qu’elles lui proposent de se convertir au catholicisme, ce qu’il décline poliment.

Un défi musical hors du commun

Cette œuvre est de loin la plus difficile que Handel ait jamais écrite pour les voix, et constitue une fascinante fusion de styles allemand et italien. La brillance des sections fugales et contrapuntiques est particulièrement frappante — par endroits, trois ou quatre figures se superposent simultanément, réparties entre les différentes voix et l’orchestre.

La partition est écrite pour cinq voix solistes, un chœur à cinq parties et un orchestre à cordes également en cinq parties — un vaste concerto pour toutes ces forces, où Handel requiert énergie et ampleur, agilité et précision phénoménales, vigueur déclamatoire et expressivité lyrique.

Une préfiguration du Messie

Bien qu’il ne compose Le Messie que trente-cinq ans plus tard, Handel explore ici à fond les structures et textures chorales et orchestrales qui en seront les marques de fabrique. Le Dixit Dominus s’impose ainsi comme la matrice secrète de l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’histoire de la musique.

Une œuvre de référence

Le Dixit Dominus dépasse en envergure et en conception les deux autres mises en musique de psaumes latins de Handel. L’universalité de cette œuvre en fait aujourd’hui un choix incontournable aussi bien pour les services religieux festifs que pour les grandes scènes de concert.

  • Ce texte est tiré du site officel des Violons du Roy

Les mots de Bernard Labadie sur le programme, recueillis par PAN M 360

PAN M 360 : Dixit Dominus de Handel  fut composée à Rome. Handel n’avait alors que 22 ans, c’est vraiment une œuvre  de jeunesse. Or, d’après ce qu’on en dit dans le programme des Violons du Roy, cette œuvre est très virtuose même si le compositeur était au tout début de son expression créative.

Bernard Labadie : Dixit Dominus de Handel,  c’est une espèce de cataclysme musical. J’ai peine à imaginer comment cette musique a été reçue à Rome parce que Handel était en visite en Italie , il y a passé plusieurs années au début de sa carrière. Comment cette musique a-t-elle été reçue par le public de l’époque, par les interprètes de l’époque? La question se pose parce que Handel est plus exigeant pour eux que personne ne l’a été auparavant dans une forme de musique collective.

Il a écrit cette œuvre pour un chœur à cinq voix. Il y a deux sections différentes de soprano. Donc c’est une œuvre très touffue, où il apporte d’abord toute son expérience du contrepoint en tant que compositeur de l’école du nord de l’Allemagne. Il a appris tout ce qui concerne l’écriture des canons, des fugues, enfin de musiques à plusieurs voix individuelles. Il a cette maîtrise à un niveau que ses contemporains italiens n’ont pas. Personne n’est aussi habile que lui, âgé de 22 ans, dans ce type d’écriture, mais il intègre ce langage dans le monde de l’opéra italien dans lequel il évolue là où il est allé apprendre.  Mais au moment où il apprend, il est déjà meilleur que presque tous les autres.

Donc, c’est une œuvre qui à la fois puise en ses racines anciennes, mais qui est incroyablement moderne pour l’époque. Et qui, il faut le dire pour le chœur, est d’une difficulté assez stupéfiante. Il n’y a que les grandes œuvres chorales de Bach comme le Magnificat ou la Messe en si mineur, je disais,  qui demandent des niveaux de virtuosité comparables dans la musique chorale du XVIIIe siècle. Et c’est une œuvre qui a beaucoup d’importance dans l’histoire des Violons du Roy et dans la mienne personnellement, car ça faisait partie du premier programme jamais présenté par les Violons du Roy et la Chapelle de Québec  (qui se nommait alors très modestement l’Ensemble vocal Bernard Labadie – rires), c’était le tout premier programme où les deux ensembles se sont présentés  sur une même scène en 1985 et se consacraient aux deux grands géants de l’époque baroque tardive que sont Handel et Bach   (300e anniversaire de leur naissance en 1985). C’était un programme immense qui démontrait à quel point nous étions ambitieux et inconscients; en première partie, on faisait le plus grand concerto de Bach pour clavecin et orchestre en ré mineur et la cantate no 4, puis en deuxième partie on faisait le plus long Concerto grosso de Handel, op. 11 et on terminait par le Dixit Dominus. Disons que c’était une façon de marquer notre territoire qui était assez assez osée, j’ai quand même d’excellents souvenirs de cette première.

PAN M 360 :  C’était  la belle arrogance de la jeunesse!

Bernard Labadie : Oui c’est la bonne expression. Et j’ai reprogrammé cette musique en 1997. On ne l’a pas retouchée depuis. Il faut vraiment avoir sous la main un niveau exceptionnel. Je croise les doigts pour que tout le monde soit en santé, pour l’instant tout s’annonce bien pour cette œuvre dont le chœur final est un feu d’artifice. C’est une œuvre qui marque les esprits et qui est un immense défi pour les interprètes. Ce programme est un peu écho de 1985, car la première œuvre est de Jean-Sébastien Bach, précédé d’un court motet de Johann Kuhnau, prédécesseur de Bach à Leipzig. Bach connaissait cette œuvre qu’il avait arrangée pour orchestre. En 2e partie, on fait un Concerto Grosso de Handel suivi du Dixit Dominus. C’est donc un programme très généreux, très nourrissant, qui est un immense défi pour nos interprètes. Nous sommes tous heureux de s’y lancer tête baissée.

Chefs et solistes

Bernard Labadie

Chef

La Chapelle de Québec

Chœur de chambre

Programme

J. KUHNAU

Motet Tristis est anima mea

J.S. BACH

Motet Jesu, meine Freude, BWV 227

G.F. HANDEL

• Concerto grosso en ré mineur, op. 6 n° 10, HWV 328
• Dixit Dominus, HWV 232

Programme PDF

Autres représentations du concert

30 avril 202619:30Québec

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3 mai 202616:00

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