Rousso : chi va piano, va sano

Entrevue réalisée par Luc Marchessault
Genres et styles : néoclassique

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Lorsqu’on écoute la musique de Xavier Rousseau – alias Rousso –, on entend les genres se croiser :  piano pop, nouveau piano solo, néo-classique (selon l’acception actuelle du terme, à ne pas confondre avec le mouvement qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale), classique-jazz, contemporain populaire. Rousso fait partie d’un contingent de jeunes pianistes québécois qui composent librement. Formé au Conservatoire de musique de Montréal auprès de doctes maîtres, il est au fait des musiques sérieuses ou populaires actuelles, notamment l’électronique. Il vient tout juste de publier Iceberg, un recueil de dix compositions originales. Pan M 360 a pu discuter avec Rousso de son parcours passé, présent et futur.


Pan M 360 : Tout d’abord, bravo pour Iceberg, ton album tout fraîchement lancé. Rosemont, le précédent, était paru en 2018. Est-ce que tu consacres beaucoup de temps à la composition?

Rousso : Oui, à chaque répétition maintenant j’essaie de développer ma connaissance de la musique et j’improvise beaucoup. Quand je compose une idée que je considère spéciale, je la garde en banque dans ma tête. J’improvise un peu chaque jour. Iceberg est prêt depuis environ un an, la COVID a retardé sa sortie.

Pan M 360 : Écris-tu des tonnes de pièces pour en sélectionner quelques-unes lorsque vient le temps d’enregistrer?

Rousso : J’ai plusieurs parties de pièce en banque, en tout temps. Lorsque j’arrive aux alentours de six ou sept pièces presque complètes, j’essaie de composer un peu plus « sous pression », pour terminer l’album. Parfois, j’utilise les mélodies que j’ai déjà composées en musique électronique/danse, et je les transforme en une pièce pour piano solo. Par exemple, la pièce Écho était à l’originale en style « électro-house ». C’était tout un défi de l’adapter pour deux mains!

Pan M 360 : Tu es entré tout jeune au conservatoire de musique de Montréal, tu y as eu des profs marquants, dont André Laplante. Tu as aussi fait des formations avec Lorraine Desmarais, notamment. Conserves-tu des conseils particuliers et précieux de ces formateurs?

Rousso : Absolument, ils ont changé ma façon de jouer et d’écouter de la musique. Grâce à eux, j’ai su quoi modifier dans mon jeu pour augmenter mon niveau. Ils m’ont appris les choses que je n’aurais pu trouver seul, c’est impressionnant. J’ai eu de la chance d’avoir de vraies légendes comme mentors.

Pan M 360 : On sait que tu aimes l’électro, entre autres. Songes-tu à créer un album axé sur ce type de musique?

Rousso : J’ai déjà deux EP électro à mon actif : like before (2014) et hybride (2018). Donc, absolument, je vais sortir un album de musique électronique dans les prochaines années en utilisant le piano comme instrument principal. Dans mes concerts avec accompagnateurs, il y a déjà une bonne partie de musique électro, ça fait partie de mon ADN. J’aime les surprises, j’aime groover avec des sons surprenants, j’aime l’effet d’un « drop ». Le contraste entre la douceur du piano et l’énergie de la musique électro fonctionne à merveille!

Pan M 360 : Tes œuvres au piano évoquent celles de créateurs d’ambiances comme George Winston (sans tomber dans le nouvel âge!). On pense aussi à Frank Mills (qui est Montréalais, d’ailleurs) et André Gagnon, de grands maîtres du piano populaire. Tu puises dans le classique romantique et impressionniste, dans le jazz – comme sur Jellybean –, dans la pop. Songes-tu parfois à faire des trucs plus expérimentaux à la Harold Budd?

Rousso : Je n’ai pas encore composé de musique aussi minimaliste, je suis encore dans une période de ma vie ou j’aime l’énergie, la virtuosité. Je peux par contre écrire une section à la Harold Budd, avant de faire monter la tension musicale et « d’exploser » la pièce, le tout dans la même compo! Je vais certainement, un jour, faire une pièce complète aussi tranquille et recherchée quant à la palette de son.

Pan M 360 : Tu fais partie d’une cohorte de talentueux jeunes pianistes-compositeurs québécois, comme Martin Lizotte, Alexandra Stréliski, Jean-Michel Blais ou Simon Leoza, qui créent des œuvres originales pour piano. Est-ce que tu te sens en fraternité avec eux?

Rousso : Oui ce sont des pianistes inspirants qui ont tous différents styles. J’aime aussi Chilly Gonzales. Ils sont talentueux et ils popularisent l’écoute de la musique pour piano solo.

Pan M 360 : Pour clore l’entrevue, quels sont tes compositeurs préférés, peu importe les genres ou les époques?

Rousso : Chopin, Rachmaninov, Led Zeppelin, Deep Purple, deadmau5, Skrillex, Savant, Anomalie…

Pan M 360 : Merci beaucoup, Xavier Rousseau, d’avoir répondu à nos questions!

Rousso : Ça m’a fait plaisir! Merci à vous pour ces bonnes questions et je salue les lecteurs de Pan M 360!

Rousso sera en concert au Centre d’art La petite église à Saint-Eustache, le 11 mars 2022.

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