Le Vivier présentait hier soir un programme double d’impro libre à l’espace Sainte-Hilda à Montréal. D’abord le duo violon/guitare électrique montréalais de Adrianne Munden-Dixon et Raphaël Foisy, qui était suivi du trio atypique vancouvérois Squid in Chains, formé de John Oliver aux synthés, François Houle aux clarinettes et Douglas Schmidt à l’accordéon.
Munden-Dixon et Foisy, deux habitués de la scène d’avant-garde, ont offert une perfo bruitiste en impro libre, mélangeant leurs deux instruments de façon étroite. Les pépiements granulaires de Foisy, sur sa guitare électrique, trouvaient un écho complémentaires dans les frottements saccadés, aléatoires du violon de Munden-Dixon. Parfois rugueux (les cordes frottées avec le bois de l’archet), parfois éthérés (les cordes à peine effleurées), les sons exprimés par la violoniste avaient quelque chose de frénétique et nerveux, tandis que la guitare semblait plutôt s’esclaffer ludiquement. Une trentaine de minutes d’écoute très concentrée, pas pour toutes les oreilles, certes, mais stimulantes pour celles qui ont assez de muscles pour s’y frotter.
La perfo la plus substantielle de la soirée était celle du trio Squid in Chains. Impro assez libre ici aussi, mais plus encadrée et bénéficiant, on le devine, d’un scénario qui guide les artistes sur une durée d’environ 45 minutes. Alors que ça commence dans un impressionnisme éclaté, la trame sonore se transforme pour devenir, pendant quelques minutes, mélodique, grâce à la clarinette judaïsante de François Houle, qui révèle des affinités klezmer certaines. Ensuite, ça se transforme de nouveau pour devenir plus dense et extatique, alternant ou juxtaposant brisures timbrales (Houle encore), pulsation d’accordéon, vagues récessives et expansives du synthé, etc.
On en ressort bien nourri et impressionné par la qualité et la cohérence du jeu d’ensemble des trois Canadiens.
Squid in Chains sera à Ottawa ce soir, 6 novembre et à Saltspring Island (Colombie-britannique) le 12 novembre























