L’OM et son chef chéri se sont exécutés devant une salle comble et un public comblé de beauté à la maison symphonique. Un « surf and turf » canadien en images et en musique !
Projet ambitieux initié par le photographe et plongeur madelinot Mario Cyr (pas dans l’eau savonneuse d’ un resto mais dans l’eau glaciale de la mer!) et Yannick Nézet-Séguin il y a quelques années, le film Murmures, réalisé par Marie-Julie Dallaire avec des images de notre grandiose nature canadienne semble avoir complètement envouté un public contemplatif à la Maison symphonique avec cette avant-première, version dominicale du ciné-concert.
Friand de musique de film, et surtout de versions symphoniques avec projection, le public montréalais ne semble jamais rassasié, même au lendemain de l’Halloween…
La trame musicale, signée Anaïs Laroque et orchestrée par François Vallières (aussi altiste au sein de l’orchestre), interprétée en direct par l’Orchestre Métropolitain, venait colorer les images dans des conditions sonores maximales qu’on ne pourra évidemment jamais retrouver au cinéma. Le luxe total ! L’interprétation était complètement maîtrisée, et mûre, grâce à l’enregistrement fait au préalable… Du luxe aussi.
Murmures, d’ailleurs sélectionné au festival CINEMANIA, laissait toute la place à la musique, car c’est un film sans narration. La compositrice et l’orchestrateur ont ainsi travaillé ensemble pour atteindre la pleine richesse de la palette orchestrale. Le style musical au programme, en fait, s’inscrit dans celui des documentaires britanniques ou des grands compositeurs nordiques classiques et néo-classiques.
Le mariage entre un film et sa trame sonore est un art en soi, qui se négocie (à moins d’une toute petite production) entre le réalisateur et le compositeur, le support principal demeurant le film. Dans ce cas-ci, c’était tout le contraire, davantage un concert accompagné d’images. La taille de l’écran, il faut dire, ne rendait pas vraiment justice au potentiel de l’expérience visuelle.
Entendre une telle musique sans regarder tout le temps l’orchestre, nous mène déjà ailleurs, nous fait voyager. Tableaux nordiques très lents, chacun pigmenté par une musique idiomatique, minutieusement choisie, voilà un travail titanesque réussi par le tandem Laroque-Vallières! L’orchestration sophistiquée, permettait de faire doucement avancer la trame, en faisant varier les couleurs des thèmes simples propres à chaque tableau (comme il se doit dans ce genre). Quelques explosions orchestrales bien placées mais pas trop, mise en valeur des percussions à l’occasion (bonifiée par le travail fait avec un percussionniste de l’orchestre), et l’ajout d’un petit chœur de femmes semblait lier le tout et conférait une dimension plus organique et nordique.
Peut-être aurait-on souhaité plus de « vrais » sons (de la nature), musique diégétique par excellence, et davantage de moments de silence, teintés de « bruitage » orchestral pour nous faire sentir l’espace presque vertigineux de la nature, et mettre encore plus en lumière les musiques mélodiques.
Chose certaine, ce régal pour les oreilles ne pourra pas être égalé, mais l’objectif de départ de créer une symbiose entre des images de nature et de la musique sera certainement à son meilleur au cinéma. À revoir !!!
« Symphonie du vivant »
Le 1er novembre 2026, maison symphonique
Diffusion du film « Murmures » de Marie-Julie Dallaire sur une musique d ’Anaïs Laroque
OM et Yannick Nézet-Séguin























