Après quatre ans de carrière, incluant la parution de deux EP, Gabriella Olivo nous livre son premier disque complet, qui s’intitule Reflexiones. Née à Québec, d’une mère mexicaine et d’un père québécois, cette « Mexicoise » assume pleinement sa double identité. Arrivée à l’orée de la trentaine, la jeune autrice compositrice nous présente une création beaucoup plus mature que les précédentes.
Reflexiones nous livre un mélange étonnamment cohérent de styles musicaux et de langues. Cet album est le résultat d’un partenariat musical entre Gabriella et Christian Sean, un Américain qui a connu une enfance nomade et qui fait aujourd’hui partie de la scène indie-rock de Montréal. Une alliance qui fait mouche. Affirmons-le.
Gabriella Olivo incarne ce qu’on peut qualifier d’une tendance de la musique québécoise actuelle: n’en déplaise aux nationalistes extrêmes, beaucoup de Québécois issus en tout ou en partie de l’immigration, ressentent le besoin de se replonger dans leurs racines. Du côté latino, on peut parler de Boogat, Noé Lira, Luan Larobina et Maritza, entre autres.
Je vous ai parlé d’un mélange de langues. Ce n’est pas une métaphore: ici, plusieurs chansons sont autant en espagnol qu’en français. Parfois, s’ajoute un soupçon d’anglais. Le tout baigne dans une enveloppe musicale synthétique, souvent douce, fluide, à l’occasion plus dansante avec des rythmes de type cumbia. On entend également du piano, des guitares acoustiques et flamenco, du violoncelle, un soupçon de cuivres et des percussions variées. On peut même entendre les Petits Chanteurs de Charlesbourg, une chorale d’enfants, sur la pièce initiale.
La voix éthérée de Gabriella Olivo se fond dans ce décor musical. Rien ne semble forcé. L’auteure s’aventure aussi dans des réflexions plus sociales et politiques, notamment sur Cazadores (Les Chasseurs), écrite après la réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, ou sur Todas Mis Amigas, un hommage aux femmes.
Après tout, ce disque s’intitule Réflexions, en espagnol. Malgré quelques imperfections, Reflexiones nous indique que Gabriella Olivo est sortie de son cocon. Son envol est à suivre.
Elle se produira au Centre National des Arts, à Ottawa, le 23 octobre, au Pantoum à Québec, le 29 octobre ainsi qu’au Ministère, à Montréal, le 3 Novembre.






















