C’est Mexico, après minuit : les néons brillent de mille feux, une ligne de basse arpente le couloir comme si elle devait des excuses. C’est l’ambiance que crée RRRomeo, de Girl Ultra.
Girl Ultra s’est affranchie de son image « R&B de chambre ». Les huit titres de l’album laissent de côté ses racines « DIY » pour explorer un univers pop plus sombre et plus libre, fait de synthés chromés, de funk analogique, de guitares distordues et de textures dub. Coproduit par Chromeo, cet album se lit comme une lettre d’amour écrite en espagnol.
La liste des invités rassemble une galerie de fantômes et de complices : Buscabulla sur « Mentirasmentiras », Chromeo sur « Ironía » (ma chanson préférée, surtout avec ce falsetto), Jean Tonique sur « Ramera », Empress Of sur « Tomás ». Et puis il y a « Denisse », le premier single, un morceau mid-tempo aux accents dub-reggae qui parle d’immortaliser un amour platonique dont on s’est depuis détaché. C’est un album court et charmant, mais qui m’a vraiment donné envie d’en entendre davantage.























