Dans Nell’Ora Blu, une étrange nouvelle radiophonique d’horreur italienne s’était égarée dans le brouillard. Shapes Of Midnight en ressort, armée d’une pelle pour déterrer des tombes du passé.
Il s’agit du septième album du groupe, désormais publié sur le label personnel du chanteur et guitariste principal Kevin Starrs, Killer Candy Records, et qui renvoie aux premiers disques : un son lourd, crasseux, imprégné de fuzz, avec des refrains enfouis comme des trésors sous une pelouse hantée. C’est un véritable retour aux sources, dans la lignée d’albums comme Blood Lust et même Mind Control, qui datent d’il y a plus d’une décennie…
Pour autant, Shapes of Midnight n’est pas une machine à remonter le temps. Leurs premiers albums donnaient l’impression d’être des cassettes que personne n’était censé trouver. Celui-ci donne plutôt l’impression que ses auteurs savent exactement où se trouvent ces cassettes : il est mieux produit et ressemble moins à un film d’horreur. Ils l’ont enregistré à Abbey Road, et la pureté du son de la salle d’enregistrement est évidente. La menace est toujours là, mais mieux mise en lumière qu’auparavant, et l’ancienne claustrophobie ne transparaît plus que par flashes. Côté nostalgie, elle reste modérée. Ils revisitent ce son sans chercher à s’y complaire, ce qui est tout à fait logique, mais cela m’a donné envie de réécouter Blood Lust.
Les morceaux qui fonctionnent, fonctionnent vraiment. « House By The Grave » offre une ouverture percutante et inquiétante, tandis que « Don’t Let It Control You » incarne le côté le plus urgent de l’album : court, rapide et un peu déjanté. Pour le reste, l’album privilégie la solidité à l’excitation. Ce n’est pas un classique comme Blood Lust, mais un retour assuré vers les ténèbres, et les meilleurs moments valent largement l’attente.























