Alliant le glam italien des années 80 à un machisme primitif et assumé venu du futur, Choses Sauvages ne manque jamais d’électriser le public. Mené par le toujours très animal Félix Bélisle (qui arborait son plus beau look à la Freddy Mercury pour la soirée du jeudi organisée par FME), ce supergroupe funk-punk de Saint-Eustache et Montréal prend un malin plaisir à mettre le feu à la piste de danse, exigeant mouvement et chaos à chaque morceau long et aux multiples facettes.
Chaque morceau de Choses Sauvages est une trappe discrète menant à un nouveau royaume souterrain merveilleux de sensations pures. Ce qui commence par un rythme funky « four-on-the-floor » se transforme sous nos yeux, zigzaguant entre des moments de screamo, de hard rock, d’hymnes de séduction à la Prince, pour revenir à ce son funk irrésistible qui en est le cœur. Impossible de suivre le fil : on a moins l’impression d’assister à une setlist qu’à un mur de téléviseurs réglés sur des fréquences discordantes mais étrangement en résonance.

À l’ambiance frénétique aux accents québécois qui fait la renommée de Choses Sauvages s’ajoute la participation exceptionnelle d’Alix Fernz, guitariste post-punk montréalais. Son style habituel, anguleux et contrasté, s’adoucit légèrement ici, s’orientant vers la soul et l’émotion dans un jeu symbiotique de va-et-vient avec Marc-Antoine Barbier, membre permanent du groupe. Charles Primeau assure le rythme à la basse tout au long du morceau, chaque petit riff mordant poussant un peu plus, encore et toujours, la foule en pleine effervescence.
Bélisle lui-même ne déçoit jamais au chant, faisant preuve d’une puissance brute et d’une endurance à toute épreuve, tant dans ses aigus à vous donner la chair de poule que dans ses passages féroces et gutturaux. À l’instar du reste des morceaux, sa cadence et son interprétation peuvent changer en un clin d’œil, s’étirant et se tendant jusqu’à ce qu’elles cèdent comme un élastique fragile, propulsant l’ensemble du groupe vers un autre break instrumental qui donne envie de danser pour nous ramener à la maison. Au FME 2026, Choses Sauvages nous a montré la puissance et la grâce de célébrer la musique, et pas seulement de la jouer.























