« Je sais que tu penses à moi quand tu arrives en deuxième base », a lancé avec humour Clarence Tremblay, chanteuse du trio montréalais de soft grunge Birds of Prrrey, alors que le groupe ouvrait le bal sur la scène principale du FME cette année.
Ce n’est pas une mauvaise façon de se présenter, et ça a assurément attiré mon attention. Basé à Montréal, Birds of Prrrey est un pilier de la scène locale depuis quelques années, mais je n’avais pour une raison ou une autre jamais pris le temps d’aller les voir en concert. Le groupe a récemment sorti son premier album, Peace Love Homicide. C’est un album de soft grunge envoûtant et percutant, mêlant des éléments punk et Riot Grrrl (deux genres et sonorités qui ont été fondamentaux dans la construction de leur identité). Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai raté quelque chose.

Je l’avoue, j’ai toujours eu un faible pour les groupes de trois musiciens. Il y a quelque chose qui me plaît beaucoup dans le fait qu’un trio puisse tirer autant de tout si peu. Et ils ont vraiment assuré. Ils ont produit un mur de son qui a envahi la scène principale. Noelle Inniss, penchée sur sa batterie, a apporté une intensité et une énergie qui ont porté l’ensemble. Grace Spitzley, à la basse, avait ce côté hypnotique dans ses riffs. Mais pour moi, c’est Tremblay qui a vraiment élevé la prestation du groupe à un autre niveau. Sa voix était d’une beauté envoûtante. Ses gémissements ont fait naître en moi un sentiment de nostalgie et de mélancolie qui m’a fait repenser à tous mes échecs amoureux passés. C’est une tâche difficile et ingrate que d’ouvrir la scène principale d’un festival. Le public est clairsemé, l’ambiance n’est pas encore vraiment au rendez-vous, et la pression est forte pour donner le ton. C’est exactement ce qu’ont fait Birds of Prrrey : leur set a agi comme le chant d’une sirène, attirant lentement les gens vers la scène.























