Tout le gratin de la direction de l’Université de Montréal était présent à la Salle Claude-Champagne pour ce concert jazz de la rentrée, gracieuseté de l’Orchestre de chambre jazz des diplômé(e)s de l’UdeM .
« Une preuve de l’importance de ce programme pour notre université », a affirmé Nathalie Fernando, doyenne de la Faculté de musique, dans son discours d’introduction.
Il revenait à l’Orchestre de chambre jazz des diplômé.e.s de l’UdeM de lancer la saison musicale, sous la direction du professeur émérite Ron Di Lauro, qui a fondé cet orchestre.
Disons-le d’emblée: toustes les musicien.ne.s sont de haut calibre. Juste après 30 secondes de jeu de la très solide section rythmique, nous avons commencé à flotter. Et ça ne s’est jamais vraiment arrêté. Le son, excellent, de cette salle y a certainement contribué.
Encore une fois, Ron Di Lauro entendait célébrer le centième anniversaire de la naissance de Miles Davis, avec une relecture du mythique album, Kind of Blue (1959), comme il l’a fait au Festival International de Jazz de Montréal cet été. Mais nous avons dégusté un cocktail musical totalement différent.
Le musicien et arrangeur britanno-colombien, Fred Stride, a réarrangé Kind Of Blue en 2022, pour un orchestre jazz de chambre, à la demande de Ron Di Lauro. Ça a donné un album, dont le titre était Intemporel.
Cette version de Kind of Blue se veut plus contemporaine, plus rapide et plus nerveuse, dirais-je. Mon bémol personnel: on n’entend pratiquement aucun solo de trompette. Avant d’écrire ces lignes, j’ai ré-écouté l’original de Miles, pour m’assurer de la différence. Elle est frappante. Manque également, mais peut-être à dessein, la volupté et la suavité de l’original. Mais c’est aussi ça le jazz: faire évoluer une musique différemment. Le public a semblé apprécier. Et les solistes, guitare. saxophones, trombone, piano, trompette (pour un solo), ont assuré!
Il faut ici mentionner que cette version de Kind of Blue incluait une chanteuse. Et Lelia Tomesco possède vraiment une voix spéciale, un de mes coups de cœur personnels de cette soirée.
En plus de Miles, nous avons eu droit à Walkin’, de Richard Carpenter, ainsi que Vera Cruz, de Milton Nascimento, arrangé par João Lenhari, qui faisait partie de cet orchestre, à titre de diplômé d’un doctorat, mais qui est professeur et directeur du big band universitaire. Excellent trompettiste, ajoutons.
Ce concert s’est terminé par un menu musical copieux et étonnant: deux compositions de Salomé Perli, diplômée, violoniste, chanteuse, tournée résolument vers l’avenir. Elle est Dissonante, à l’instar du titre de son premier album de 2021. C’est comme si Meredith Monk rencontrait Frank Zappa, Bjork et Maria Schneider. Très prometteur!
Ron Di Lauro ne tarissait pas d’éloges à l’endroit de cette Française d’origine devenue Montréalaise, bien qu’elle sorte le jazz de ses zones de confort. Et c’est tout à l’honneur de cette formation de s’aventurer sur des sentiers plus expérimentaux.
L’orchestre de chambre a ainsi joué Kindness et The Golden Teacher. Dans ces moments où le chaos alternait avec la volupté, quand Salomé Perli et Lelia Tomesco ont commencé à chanter ensemble, j’ai atteint un état second.
Un vrai dialogue vocal. Percutant. Transperçant.
Bref, un concert de rentrée réussi et polyvalent! Le prochain spectacle de cette formation aura lieu le 27 mars 2027. D’ici là, vous pourrez assister à de multiples rendez-vous musicaux, en classique comme en jazz comme musique « du monde » et autres.
Musicien(ne)s
Saxophones
Geneviève Gauthier, saxophone alto
Cedric Lefort, saxophone ténor
Dr. Geneviève D’Ortun, saxophone baryton
Trompettes
João Lenhari
Remi Cormier
Trombone
Laurent Cauchy
Guitare
James Bland
Basse
Benjamin Lavoie-Doyon
Piano
Samuel Therrien
Batterie
Clarence Corbeil
Violon, chant
Salomé Perli
Chant
Lelia Tomesco























