Rite of Strings est un quatuor non conventionnel : un santour, une basse, un violon et une batterie (pas de cordes ici, mais bon…). Dust and the Moon est le premier album de l’ensemble new yorkais, qui fait dans le world crossover. On y retrouve une rythmique pop, voire rock (parfois un peu lourdement appuyée), des accents sonores persans (le santour) et des harmonies qui tanguent du classique/traditionnel oriental au jazz.
Les membres au coeur du groupe, Ehsan Matoori (santour) Edward Perez (basse) Eylem Basaldi (violon) et Engin Kaan Günaydın (batterie), sont rejoints par la clarinette ondulante d’Ismail Lumanovski dans quelques titres. Chacun d’eux est un interprète de haut rang, ainsi qu’un maître dans son domaine.
Les mélodies sont franches et accrocheuses, et aussi très évocatrices. Constatez par vous-même dès les premières mesures de la première pièce du programme : Dust and the Moon. Il y a quelque chose de facile dans le déploiement de cet air qui pourrait être joué dans une production hollywoodienne. On frôle parfois les clichés mais la production ultra léchée, ainsi que la très grande qualité esthétique et technique du jeu des artistes finissent par réconcilier les musicophiles. Peut-être pas les plus pointus et les plus exigeants en matière de musique ‘’world’’, mais bon nombre de curieux et curieuses, assurément.
Notons une lecture particulièrement délicate et inspirante d’une Gymnopédie de Satie, portée par le violon mélancolique de Basaldi, soutenu, en contraste, par les gouttelettes lumineuses du santour de Matoori. Vraiment réussi.
On aime beaucoup également les interventions jazzistiques éparpillées un peu partout dans les neuf titres, tous des compos originales des membres de l’ensemble. Au final, voici une proposition qui suscite une dose agréable de plaisir. On ne peut être contre.
Dans le genre, cela dit, mais avec une personnalité distincte, l’ensemble québécois Cordâme fait très très bien depuis une bonne vingtaine d’années. À considérer absolument si Rite of Strings vous apparaît comme une appréciable surprise.
Ehsan Matoori (santour)
Edward Perez (basse)
Eylem Basaldi (violon)
Engin Kaan Günaydın (batterie)
Invité : Ismail Lumanovski (clarinette)






















