À Tokyo, l’informaticien et compositeur électro Ei Wada pilote depuis 2015 le projet Electronicos Fantasticos!, dont l’objet est de recycler des objets du quotidien pour en faire des instruments électroniques fonctionnels destinés à l’enregistrement et à la scène. Mission accomplie : dans le contexte de Nocturne 2, le set live du quartette nippon a accroché des sourires à toutes les lèvres présentes à la SAT, dans la nuit de jeudi à vendredi.
La récupération d’objets du quotidien et leur transformation en instrument de musique est une pratique connue, notamment en République Démocratique du Congo avec quelques groupes connus interntationalement (Staff Benda bilili, etc,) , mais la confection d’instruments électroniques l’est moins … ou pas du tout.
Le quartette japonais est donc pionnier en ce sens, es artistes impliqués en font un spectacle dynamique et consensuel, présentable dans tous les contexte, de gauche à droite sur l’éventail des perceptions.
L’heure passée avec Electronicos Fantasticos est à la fois intense pour le corps et légère pour la caboche. Car il s’agit ici d’un pur divertissement, chorégraphié, scénographié, immersif dans sa proposition audiovisuelle, très dynamique du tout début jusqu’à la toute fin. Les musiciens s’y présentent costumés, flamboyants. Leurs instruments sont de beaux objets en plus d’être spectaculaires, ça rutile de tous bords tous côtés, on s’éclate, on s’amuse, on se divertit.
Rien n’est laissé au hasard, l’auditoire en a plein la gueule et n’a pas une seconde pour réfléchir à la nature de la proposition. On se fend la gueule à contempler ce téléviseur, ce ventilateur, cet éclairage domestique et autres cossins transmutés. Outres la proéminence pop de la propositon, on observe au passage d’infimes références folkloriques de l’Asie, mais bon c’est loin d’être l’essence du propos.
D’un point de vue strictement compositionnel, cette synth-pop forte en rythme n’a rien de sorcier, correcte mais pas vraiment top pour le casque d’écoute. Cela étant dit, l’ajout visuel est déterminant, tant et si bien que la performance sur scène fédère assurément les foules festives. À minuit, entre jeudi et vendredi, qui veut vraiment se prendre la tête et se nourrir de concepts lourds ? Inutile de répondre, c’est le temps de rigoler et ce numéro de cirque électro est approprié, on ne peut plus efficace.
Crédit photo: Vivienn Gaumand























